Trois manifestants arrêtés à Luanda par la police angolaise

Jeune Afrique, 20 septembre 2013 :

Un groupe de jeunes angolais a manifesté, jeudi, à Luanda contre le régime pour dénoncer les injustices sociales. Au moins trois personnes ont été interpellées.

La destruction de logements par les autorités et les évictions forcées, ainsi que la violence policière envers les vendeurs de rues, sont les doléances du Mouvement révolutionnaire Angolais, composé d’étudiants et de jeunes professionnels. Plus généralement, c’est le régime du président José Eduardo dos Santos, réélu en 2012 après 33 ans de pouvoir, qui les a poussé à arpenter les rues de la capitale. Les jeunes sont de plus en plus nombreux ces dernières années à critiquer l’incapacité du gouvernement à améliorer les conditions de vie de la majorité des angolais, alors même que le pays est le second exportateur de pétrole en Afrique.

« Nous dénonçons les abus de pouvoir du gouvernement angolais, et le népotisme du président…Dos Santos, qui a par exemple nommé son fils à la tête du fond souverain angolais, doté de 5 milliards de dollars » a déclaré l’un des organisateurs de la marche, Pedro Pedrowski.

Manifestation sous tension

De nombreux agents de police et de sécurité occupaient le lieu de la manifestation, la place de l’Indépendance, avant l’arrivée d’une douzaine de protestataires. Face à la résistance de ces derniers, la police a interpellé au moins trois d’entre eux et les a évacué en pick-up.

Le porte-parole de la police nationale, Aristófanes dos Santos, avait prévenu, la veille, à la télévision: « Nous allons réprimer violemment tout acte perturbant l’ordre et la sécurité publics et nous utiliserons la force si nécessaire », considérant la manifestation illégale, puisqu’elle se déroulerait en dehors des heures prescrites par la loi. Un argument rejetté par le groupe qui soutient que la constitution autorise cette marche.

« Nous irons jusqu’au bout de la manif. Il n’y a pas de marche arrière », avait prévenuquant à lui Jaspar Luamba, l’un des membres du mouvement.

Inquiète de l’issue de précédentes manifestations dans le pays, Amnesty International, ONG pour la défense des droits de l’homme, avait demandé aux autorités angolaises de laisser la marche se dérouler librement. « Amnesty International redoute que, comme lors des précédentes manifestations, jeudi verra un déploiement de force injustifié à l’encontre des manifestants », ainsi que « des arrestations et détentions arbitraires ».

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