Paris : Des femmes de chambre prêtes à en découdre

Libération, 20 septembre 2013 :

Reprenant le flambeau du mouvement de Suresnes, des employées de l’hôtel Hyatt Paris-Vendôme entrent en grève pour réclamer une revalorisation de leur travail.

Elles non plus ne comptent plus se laisser faire. Après un premier jour de grève «en signe d’avertissement», la semaine dernière, les femmes de chambre de l’hôtel Park Hyatt Paris-Vendôme, un hôtel 5 étoiles situé rue de la paix, débutent ce matin une grève illimitée. Elles reprennent ainsi le flambeau du combat contre la sous-traitance dans l’hôtellerie, porté pendant plus de deux ans par leurs consœurs des hôtels Campanile et Première Classe de Suresnes. Au début du mois de septembre, ces dernières s’étaient regroupées pour fêter une victoire : leur intégration au sein du groupe Louvre Hôtels, après des mois de lutte.

Un dénouement heureux que le personnel en sous-traitance du palace espère connaître un jour. Les grévistes demandent, outre la fin de la sous-traitance, la mise en place d’un treizième mois, le paiement de toutes les heures supplémentaires effectuées et, comme ce fut le cas à Suresnes, l’installation d’une pointeuse pour lutter contre le travail dissimulé. Un protocole d’accord allant dans ce sens avait été signé en 2007 avec la précédente société de sous-traitance, suite à une première grève. Mais avec le changement de prestataire, quelques mois plus tard, l’accord avait fini aux oubliettes.

Selon l’AFP, Stéphane Fouré, directeur des ressources humaines de l’entreprise prestataire, la société Française de services, aurait confirmé «l’ouverture de négociations sur un treizième mois», sans plus de précisions. De son côté, la CGT qui accompagne ce nouveau mouvement de protestation, s’alarme du manque de réaction de la direction de l’hôtel, accusée de faire «mine de ne pas avoir compris le sens des revendications des salariés». Rencontrés la semaine dernière par Libération, les grévistes affichaient leur détermination. «S’ils n’écoutent pas nos propositions, la grève va continuer de manière intense, promettait une salariée, agent de service, qui préfère garder l’anonymat. Nous faisons des heures supplémentaires non payées, nous n’avons pas de pauses correctes. Cela doit changer!».

«Pour un palace, nous ne sommes vraiment pas bien payées», soulignait une autre gréviste. Un argument repris par la CGT qui met en avant, dans un communiqué, les bons résultats de l’hôtel, estimés à 8,89 millions d’euros en 2012 (excédent brut d’exploitation). Au-delà de la rémunération, leur combat porte aussi sur une meilleure reconnaissance. «Nous ne voulons plus être traitées avec mépris. Ici, les femmes de chambre sont toujours mises à l’écart. C’est taisez-vous et travaillez!», témoignait une salariée. A partir d’aujourd’hui, elles ont décidé de se faire entendre. Et de se faire voir: à quelques jours de la Fashion week, et alors que l’hôtel se prépare à être complet, elles songent à organiser un défilé des femmes de chambre.

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