Les sages femmes des Lilas revisitent Stromae

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L’équipe de la maternité des Lilas n’abandonne pas son combat pour qu’aboutisse enfin le projet de reconstruction de ce lieu emblématique de la lutte pour les droits des femmes.

Elles auront tout fait, tout essayé. Mimer des accouchements sous les fenêtres de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, poser nues dans un calendrier à la manière des rugbymen… Les voilà aujourd’hui en danseuses-chanteuses, détournant le clip de Stromae «Papaoutai», transformé en «Lilas où t’es?»

Les gynéco, psy, sages-femmes et l’ensemble du personnel administratif de la maternité des Lilas (93) continuent à se mobiliser pour sauver leur établissement, lieu emblématique de la lutte pour le droit des femmes. Leur combat n’en finit plus. Depuis des années, cet hôpital si particulier, où l’on défend le droit à l’IVG et la naissance «sans douleur», est en mauvais état. Trop petit, trop vétuste, le bâtiment n’est plus aux normes. Le collectif de soutien se bat depuis 2007 pour que la maternité soit reconstruite, allant d’espoirs en déconvenues.

Au printemps dernier, l’équipe a cru avoir remporté la bataille. Un projet de réaménagement avait été bouclé et validé par le ministère de la Santé. Mais en juin, patatras, l’Agence régionale de la santé (ARS) Ile-de-France met le holà, arguant d’un trou de deux millions d’euros dans les comptes de la maternité. Les Lilas, dans un système médical de paiement à l’acte, auraient le tort de n’être pas assez rentables. Chaque année, y naissent 1600 bébés et y sont pratiquées 1 200  interruptions volontaires de grossesse.

Fin juin, gynéco et sages-femmes campent sous les fenêtres du ministère de la Santé. L’ARS propose, en plan B, un déménagement pas très loin, dans les locaux désaffectés de l’hôpital de Montreuil. Mais pour l’équipe, ça ne tient pas la route. Les locaux ne sont pas en très bon état, et surtout seuls 1 500 mètres carrés sont disponibles contre les 5 000 prévus dans les plans de reconstruction. Dans ces conditions, les Lilas n’aurait plus la place de pratiquer les interruptions de grossesse.

Devant la mobilisation, un moratoire est décrété jusqu’à mi-septembre, le temps de décoincer les choses. «Sauf que rien n’a bougé, peste Marie-Laure Brival, la présidente du collectif, jointe ce mercredi. Nous avons écrit ces derniers jours une lettre ouverte à Marisol Touraine. Pas de réponse. Et l’ARS n’a rien trouvé de mieux que de désigner un médiateur chargé d’évaluer le projet de relocalisation.» C’est le professeur René Frydman, père médical du premier bébé-éprouvette français, qui s’y colle. Il a jusqu’au 15 octobre pour rendre son rapport.

Pour Marie-Laure Brival, «on recule encore l’échéance, voilà tout. C’est un nouveau signe des errances de l’ARS…. On continuera à se battre et à faire parler de nous. Qu’ils le sachent.» Une énième manifestation de soutien est prévue le 21 septembre à 11 heures aux Lilas.

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/18/les-sages-femmes-des-lilas-revisitent-stromae_932832

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