Montbéliard : Expulsion de Rroms et vives inquiétudes

Le Pays, 5 septembre 2013 :

Hier, à Montbéliard, une famille kosovare a été expulsée. Au lendemain de la rentrée des classes, la décision préfectorale choque. Hier, à Montbéliard, une famille kosovare a été expulsée. Au lendemain de la rentrée des classes, la décision préfectorale choque des membres d’associations.

Dans l’appartement, des signes de vie suspendue : lits défaits, yaourt à peine entamé, nounours à même le sol, dessins d’enfants sur une étagère. « Colorie les jours où tu vas à l’école » , est-il écrit dans un classeur de Melinda, 9 ans, avec le cliché de sa bouille rayonnante à son pupitre.

Mais, aujourd’hui, la fillette et ses deux sœurs (Melissa, 4 ans et Jeksana, 12 ans) ne retrouveront pas leurs camarades de classe. « Imaginez le traumatisme de ces gamines » , explose Gérard Delavelle, l’un des représentants de Réseau d’éducation sans frontière (RESF).

Neuf heures, ce mercredi, dans les locaux de la Confédération syndicale des familles (CSF) à Montbéliard. Les visages sont graves, au bord des larmes, les estomacs serrés. Trois heures plus tôt, la Police aux frontières (PAF) et des membres du Cada (Commission d’accès aux documents administratifs) ont fait irruption dans un appartement situé quelques étages plus hauts. Elles y ont délogé quatre membres de la famille Ramadani (les parents, Melinda et Melissa) qui faisaient l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (notre article du 3.05). La FCPE dénonce « des méthodes inadmissibles ». Elle rappelle, notamment, « le droit des enfants à la scolarité ». « C’est la rentrée scolaire selon M. Valls », tranche Gérard Delavelle.

Tout le monde pleurait. La mère, Perjana, étouffait d’angoisse.

Pas de propriété privée pour les étrangers. En un tour de clef, les policiers franchissaient le seuil. « Safet, le père, a été le premier à sortir. Tout le monde pleurait. La mère, Perjana, étouffait d’angoisse », relate leur gendre Anthony, marié à leur plus grande fille, Fatima. Le couple et leur bébé étaient présents (Ndlr : ils ne sont pas concernés par l’OQTF) : « Ma mère allait très mal depuis des semaines. Elle avait peur de l’expulsion. Moi, quand j’ai vu les policiers, j’ai tout cassé, je tapais sur tout, partout » , décrit Fatima, flageolante. C’est à peine si l’un des oncles, Sémo, 36 ans, a pu embrasser les partants : « Ça fait vingt fois que l’un des policiers appelle pour savoir où se trouve la quatrième fille Jeksana, 12 ans, qui était absente » , souligne-t-il.

Si la famille rentre au Kosovo, elle est en danger.

Assignée à résidence depuis près deux mois, la famille ne peut pas être soumise à une mesure d’éloignement tant qu’elle n’est pas réunie (Convention européenne des Droits de l’homme).

Depuis hier, les quatre Roms sont hébergés dans un hôtel bisontin et, de nouveau, assignés en résidence : « Nous avons contacté une avocate. Si la famille rentre au Kosovo, elle est en danger » , assène Gérard Delavelle tout en brandissant une lettre de l’association Fraternité rom : « Tout retour est actuellement inenvisageable et les risques sont réels pour les Roms en cas de réinstallation dans leur région d’origine où ils sont à la merci de la vindicte de la majorité albanophone » , confirme le vice-président de l’association.

Voir le communiqué de RESF et celui de l’Initiative Communiste-Ouvrière

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