Mouvement de grève sans précédent dans les fast-foods américains

Le Figaro, 29 août 2013 :

Les employés de McDonald’s et d’autres chaînes de restauration rapide réclament des hausses de salaire. Le conflit social gagne progressivement le territoire : 50 grandes villes nord-américaines sont touchées.

La grogne monte et gagne les plus grandes villes des États-Unis. Initialement cantonnée à New York, la mobilisation des salariés des fast-foods gagne désormais 50 grandes villes nord-américaines, une première dans ce secteur. La mobilisation touche en premier lieu le célèbre McDonald’s mais également les autres enseignes de restauration rapide comme Burger King, Wendy’s ou KFC.

En juillet, sept villes ont participé à la mobilisation, dont New York, Chicago et Detroit, et jeudi, les organisateurs du mouvement prévoyaient des grévistes dans une cinquantaine de villes, dont New York, Boston, Chicago, Denver, Detroit, Hartford, Houston, Los Angeles, Memphis, Milwaukee, Oakland, Raleigh ou Tampa.

La revendication des salariés est classique: ils se battent pour une hausse de leur salaire minimum. Mais l’ampleur de leur demande est plus surprenante: ils réclament 15 dollars de l’heure (11,30 euros), plus du double de l’actuel salaire minimum de 7,25 dollars payé par de nombreux fastfoods, et la possibilité de se syndiquer.

Les employés et syndicats se plaignent en outre de conditions de travail «abusives». «C’est bruyant, il y fait très chaud, on vous demande d’être très rapide, on vous met la pression. Parfois, vous ne pouvez même pas faire de pause. Tout ça pour 7,25 dollars de l’heure, c’est dingue», s’insurgeait une employée d’un McDonald’s.

Le secteur fait la sourde oreille

Plusieurs représentants politiques soutiennent ce mouvement y compris des républicains. Jerrold Nadler, représentant du Parti démocrate à New York, a par ailleurs déclaré que «l’industrie de la restauration rapide brasse 200 milliards de dollars par an et pourtant la plupart des salariés dépendent des aides alimentaires et médicales, c’est un scandale.» Selon le New York Times , les salariés des fast-foods qui gagnent le salaire minimum ont un pouvoir d’achat inférieur à celui de leurs collègues des années 1950. Si le salaire minimum avait suivi l’inflation ou la moyenne des salaires ces 50 dernières années, il serait d’environ 10 dollars de l’heure, ajoute le quotidien.

Jusqu’à présent, le secteur de la restauration rapide a fait la sourde oreille à ces revendications. L’Association nationale des restaurateurs a, elle, estimé qu’un salaire de 15 dollars de l’heure obligerait les restaurants à employer moins de personnel. De son côté, plutôt que d’accéder à la demande de ses salariés, McDonald’s avait préféré leur conseiller de mieux gérer leur budget. En partenariat avec Visa, un site leur apprenait à faire des économies. Des conseils pas forcément très appréciés…

Bien mal lui en a pris, car à en croire une récente étude de l’université du Kansas, un doublement des revenus de ses employés aurait peu d’impact. Elle provoquerait une augmentation du prix du Big Mac de seulement 68 cents (0,50 euro). Le sandwich vedette passerait ainsi de 3,99 à 4,67 dollars (3,50 euros), affirme l’auteur de l’étude, Arnobio Morelix, citée par le Huffington Post américain . De fait, l’universitaire a constaté que seuls 17,1% des revenus du géant sont consacrés aux salaires et avantages sociaux de ses quelque 500.000 employés américains. Reste à savoir si McDonald’s est prêt à reconsidérer les salaires de ses employés.

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