Côte d’Ivoire : Grève des agents de la Société Générale

Connexion Ivoirienne, 28 août 2013:

La grève des travailleurs de la “Générale” qui dure depuis deux semaines risque de coûter cher à l’institution financière. Les agents demandent une augmentation du salaire de 100%. Le feu couve toujours à la Société générale de banque en Côte d’Ivoire (Sgbci). Depuis le 26 juillet, ses agents ont entamé une grève pour réclamer l’amélioration de leur situation salariale.

Ils ont opté pour une grève à la japonaise. Ils viennent au travail, mais portent des bandeaux orange au poignet pour montrer leur mécontentement. A l’origine, les travailleurs de la première banque (en terme de chiffre d’affaires) réclamaient une augmentation eu égard à la bonne santé de l’établissement. (20 milliards en 2012 et 23 milliards en 2013, selon eux). Mais très vite, cette revendication a fait place à une autre. Les agents demandent, désormais, que la direction aligne leurs salaires sur la grille salariale déclarée au siège de Paris.

A les en croire, des documents attestent qu’ils sont loin des salaires déclarés à Paris. «Normalement un agent de maîtrise est payé au minimum à 800 euros (environ 500.000Fcfa), mais ils sont payés moins de la moitié de 800 euros, donc nous voulons être alignés et avoir notre salaire normal », a dit un agent, mercredi 14 août, lors d’un sit-in devant la banque au Plateau. « C’est dans nos investigations que nous avons découvert que nous sommes sous-payés », a ajouté un autre.

Mais avec cette grève qui dure un mois, la Sgbci risque gros. Les travailleurs sont formels. Ils disent détenir des éléments de preuve qui montrent qu’ils sont sous-payés contrairement à leurs collègues des autres banques qui pointent pourtant après la “Générale”. Dans de telles situations, il n’est pas à exclure des cas de fraude et de malversation. Des employés qui pensent ne pas percevoir suffisamment pour ce qu’ils abattent comme travail, pourraient être tentés de se rendre justice. A preuve, plusieurs du service logistique font l’objet, dit-on, d’une enquête pour malversation dans la fourniture de bureau évaluée à des centaines de millions de Fcfa. Outre cela, la grève qui perdure ne fait pas bonne publicité pour la banque. Les usagers de l’institution (notamment les grosses firmes) seraient moins enclins à faire des opérations via la Sgbci par ces temps.

Car si jusque là, les travailleurs ont opté pour la grève à la japonaise, rien n’exclut une fermeture des agences. Ce qui causerait des désagréments aux fonctionnaires qui y perçoivent leurs salaires. La somme de ces facteurs pourrait lui porter un coup plus dur. Selon la Tribune de l’Economie de N° 165 du 19 août, le titre Sgbci a ainsi clôturé la séance boursière du vendredi 16 août en enregistrant la 3ème plus forte baisse avec une perte de 500 Fcfa de sa valeur pour se maintenir à 64.500 Fcfa. Outre cela, la crise risque de coûter cher à la Sgbci qui cohabite avec plus d’une vingtaine de banques commerciales en quête de nouveaux clients. Des banques telles qu’Ecobank qui affiche de bonnes performances pourraient lui ravir sa place de leader occupée depuis 2011 (ressources d’emplois et ressources globales).

Reste à savoir si la direction abdiquera devant les travailleurs. Ils demandent une augmentation du salaire net de 100%. La direction qui a déclaré vendredi n’avoir aucun interlocuteur avec qui négocier a été prise au mot par les salariés. Ils ont fait remarquer que depuis deux ans aucun délégué ne les a représentés.

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