Saint Etienne : des enfants et une femme enceinte ont à nouveau dormi dans la rue

Le Progrès, 25 août 2013 :

Une soixantaine de personnes évacuées du « squat Colette » jeudi ont passé une nouvelle nuit dans la rue. Autour de ces personnes, dont une femme enceinte et des enfants, la solidarité s’organise.

« Elle est enceinte de sept mois et elle dort dehors ! » Dans un français hésitant, les amis de Diane Novasardova s’énervent. Cette jeune femme, assise sur une chaise au milieu de sacs de nourriture, semble mal en point.
« C’est totalement illégal »

Un Stéphanois venu soutenir les familles expulsées de l’immeuble rue Colette, jeudi, se met également en colère. « C’est totalement illégal ! Le code de la famille et de l’action sociale affirme qu’une personne comme Diane devrait avoir un toit ».

Un toit, la soixantaine de personnes installée sur les pelouses de la rue Colette, n’en a pas eu dans la nuit de vendredi à samedi. Et à l’heure où nous écrivions ces lignes samedi soir, il semblait qu’une nouvelle nuit dehors débutait pour hommes, femmes et enfants.

Alors, hier, diverses associations caritatives leur ont, à nouveau, apporté leur aide, en offrant tentes, nourritures ou encore couvertures. Un monsieur originaire de Géorgie abandonne la tente qu’il est en train de monter et clame son incompréhension. « Mes enfants dorment là », se désole-t-il en pointant du doigt une tente installée sur cette pelouse en pente. « Même les animaux ne dorment pas comme ça. Je croyais que la France était une démocratie ».

Entraide dans le quartier

Au-delà de l’aide des associations, ce sont des habitants du quartier qui viennent apporter leur aide. Un morceau de carton et un stylo dans la main, Karina Kadylova fait le tour du campement. « Ce sont mes voisins qui m’envoient, je dois faire une liste et ils m’ont dit qu’ils se chargeraient d’acheter ce dont ces familles ont besoin », explique la jeune fille. On lui demande de l’eau, des chaussettes ou encore des couches.

Soudain, les gouttes de pluie font leur apparition. Les plus jeunes courrent pour amener sacs de vêtements et de nourriture aux abords des tentes. Là, c’est les femmes qui se chargent de mettre les effets à l’abri. « C’est poignant de voir ça au pied d’appartements vides », glisse Yves Scanu, membre du réseau Education sans frontières. Pour les familles, impossible de retourner dans ces logements qu’elles occupaient. Un agent de sécurité garde l’entrée de l’immeuble, devant des enfants qui semblent ne pas comprendre la situation.

Dans l’après-midi, Yves Scanu adopte un discours plus revendicateur : « Il va falloir que la préfecture se décide, tous ces gens ne peuvent pas rester là. » Mais, hier, la préfecture stéphanoise est restée muette, ne souhaitant faire aucun commentaire.

Dès aujourd’hui, des associations ont prévu d’arpenter les rues de la ville pour mobiliser les habitants autour du sort de ces familles.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s