Les postiers d’Alger de nouveau en grève

Maghreb Emergent, 15 août 2013 :

Les employés d’Algérie Poste se sont de nouveau remis en grève jeudi au niveau de la Grande Poste après un débrayage sans préavis la veille. Le mouvement de protestation a gagné d’autres bureaux de poste dans la capitale et risque de se généraliser à d’autres wilayas à partir de la semaine prochaine, selon des employés et syndicalistes. Une fois de plus, les citoyens sont laissés dans le désarroi.

Sur le perron de la grande poste, les usagers fulminent : « La moindre des choses aurait été qu’on nous informe à l’avance », proteste une dame rencontrée sur place et qui n’a pu retirer de l’argent pour faire face à des dépenses urgentes. A l’entrée de l’imposante bâtisse, quelques dizaines d’employés ont improvisé un rassemblement. Et pour ajouter au désarroi des clients, les distributeurs automatiques, qui auraient pu alléger la détresse des usagers devant l’absence d’un service minimum, ne fonctionnent plus. Pure coïncidence ou acte volontaire ? Ce mouvement aura surpris plus d’un car aucun préavis n’avait été déposé auparavant, comme le stipule la loi. Même les employés d’autres bureaux de poste de la capitale n’avaient pas été informés du mouvement lancé par leurs collègues de la Grande Poste. Mais dès que l’information leur est parvenue, des employés des bureaux de Rouiba et de Bordj El Kiffan (ex-Fort de l’eau), à l’Est de la capitale, se sont joint au débrayage, ce qui augure d’une généralisation du mouvement dans le reste du pays à partir de samedi.

Effet rétroactif

Selon des employés rencontrés à la Grande Poste, la grève a été déclenchée pour dénoncer le non-respect par le ministère de tutelle, des engagements pris précédemment et à leur tête l’augmentation des salaires avec effet rétroactif depuis janvier 2008 et la révision de la grille des salaires dans le cadre d’une nouvelle convention collective. Un accord avait pourtant été scellé il y a quelques mois entre le syndicat de l’entreprise et la direction générale pour une augmentation des salaires effective à partir du juillet 2013. Mais les discussions semblent buter sur l’effet rétroactif à 2008, que les dirigeants d’Algérie Poste jugent couteux pour l’équilibre financier de l’entreprise. Nos tentatives de joindre, jeudi, les représentants des travailleurs ont buté sur le refus catégorique du porte-parole du syndicat des postiers de répondre à nos questions. Le Directeur général d’Algérie Poste, Mohand Laid Mahloul était lui aussi injoignable par téléphone. Le syndicat d’entreprise s’est contenté d’un communiqué diffusé mercredi, au premier jour de la grève, pour appeler les employés à adhérer au mouvement « jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications».

Engagements ministériels

En janvier dernier, les postiers avaient mis fin à un débrayage de plusieurs jours après avoir reçu des garanties de la part du ministre de tutelle, Moussa Benhamadi, concernant la prise en charge des revendications socioprofessionnelles des travailleurs. M. Benhamadi s’était aussi engagé à rouvrir le dossier relatif à la révision de l’actuelle convention collective annonçant son accord de principe pour l’application de la grille des salaires avec effet rétroactif à partir de janvier 2008.

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