Wattrelos : le service des urgences défendu dans la rue

Nord Eclair, 18 juillet 2013 :

Mercredi matin, syndicats et autorités semblaient pour une fois unanimes sur le nombre de manifestants mobilisés. Pour défendre le service des urgences de l’hôpital de Wattrelos, 400 à 500 manifestants ont battu le pavé.

Il y a 15 jours, au terme d’une réunion entre l’Agence régionale de santé et la direction du centre hospitalier de Roubaix, on apprenait que l’hôpital de Wattrelos allait perdre son accueil d’urgence de nuit à compter du 1er octobre, et probablement l’accueil de jour dès le 1er janvier 2014. L’objectif de cette décision étant de soulager les urgences de Roubaix en manque de moyens. Face à cette décision prise sans concertation et qui pourrait avoir à terme une incidence sur l’existence même de l’hôpital wattrelosien, le personnel hospitalier, les élus locaux et les syndicats ont choisi l’action. Hier matin donc, tous étaient au rendez-vous rue Alexander-Fleming, pour prendre part au cortège qui devait les mener jusqu’en mairie. En chemin, nous avons pu constater (s’il le fallait encore !) que les Wattrelosiens étaient attachés à leur hôpital de proximité. Parmi les anonymes, nous avons rencontré Sylvia et Bianca, deux sœurs venues avec le petit-fils de l’une d’entre elles : « On ne peut pas perdre nos urgences, s’indigne Sylvia. Ici, on ne vient pas que pour des petites choses, on vient aussi pour des problèmes graves et on sait qu’on sera bien soigné. »

Un seul préalable à la discussion : le maintien des urgences de jour comme de nuit

Pour tous ceux qui ont fait le déplacement en ce jour de manifestation, le manque de technicité du service wattrelosien ne peut être un argument pour fermer la structure : « On ne ferait que de la bobologie à Wattrelos ? lance Frédéric Sobaniak, le représentant de la CGT des hospitaliers de Wattrelos dans son mégaphone. Mais la bobologie, on la traite partout, à Roubaix et à Tourcoing aussi. Cela demande du temps et des structures. » Face à la foule, le délégué syndical veut aussi rappeler que Wattrelos assure 20 % de l’activité des urgences roubaisiennes et que la présence de nuit est aussi indispensable : « Certains ont avancé le chiffre de trois passages par nuit aux urgences de Wattrelos pour dénoncer leur inutilité. Ce chiffre correspond à une plage horaire qui va de minuit à 6 h. Or, on veut nous fermer de 18 h à 9 h. Sans compter que le médecin urgentiste assure aussi une permanence en soins continus. » Pour Dominique Baert, maire et président du conseil de surveillance de l’hôpital, qui a pris la parole sur le perron de l’hôtel de ville, « la discussion avec l’ARS et le centre hospitalier de Roubaix peut exister, mais avec un préalable et un seul : le maintien de l’accueil d’urgence de Wattrelos, de jour comme de nuit. »

L’ARS réagit dans la foulée !

Le personnel soignant, les syndicats et les élus regrettent le manque de concertation dans cette affaire, l’ARS et l’hôpital de Roubaix ayant fait des choix cruciaux pour l’avenir du centre hospitalier de Wattrelos sans réunir la communauté hospitalière de territoire (CHT) créée pour mutualiser les moyens dans la zone Roubaix, Tourcoing et Wattrelos. Ils l’ont fait savoir après la manifestation, lors de la table ronde qui s’est tenue symboliquement dans la salle du conseil municipal. Une motion est sortie de cette entrevue à laquelle assistaient les maires de Wattrelos et Leers, le directeur de l’hôpital Laurent Barret, trois représentants des médecins de l’hôpital de Wattrelos, deux représentants de chacune des organisations syndicales (CGT et CFDT) et des représentants de la commission médicale (lire notre encadré). La réponse de l’ARS ne s’est pas fait attendre : dans un communiqué envoyé dans l’après-midi, l’ARS a fait savoir que Daniel Lenoir, le directeur général de la structure, va convoquer dans les plus brefs délais le bureau de la CHT « afin de régler la question des urgences sur le territoire et la place du centre hospitalier au sein de la CHT ». À suivre.

Une motion qui exige le maintien du service

À l’issue de la manifestation hier matin, une table ronde s’est tenue dans la salle du conseil municipal de Wattrelos. Après deux heures de discussion, les élus de Wattrelos et Leers, la direction du centre hospitalier, les représentants de la CGT et de la CFDT et des personnels médicaux, soignants et administratifs ont signé ensemble une motion de soutien.

Cette motion précise qu’en manifestant massivement, la population a clairement exprimé son attachement à son centre hospitalier : « Nous refusons la fermeture des urgences de nuit au 1er octobre 2013 et excluons fermement l’arrêt des urgences de jour au 1er janvier 201 4. » Le centre hospitalier de Roubaix est aussi dans le viseur des Wattrelosiens : « Nous refusons le diktat de la direction du centre hospitalier de Roubaix, qui veut imposer ses décisions sans concertation ! » La motion déplore également les conditions de fonctionnement de la communauté hospitalière de territoire (CHT) formée avec les hôpitaux de Roubaix et Tourcoing et exige que l’Agence régionale de santé convoque au plus vite un bureau de cette structure. « Nous sommes convaincus que des solutions existent pour éviter que les problèmes des urgences de Roubaix ne se règlent sur le dos de la présence médicale au centre hospitalier de Wattrelos » conclut la motion. Message entendu par l’ARS qui a convoqué le bureau de la CHT dans les prochains jours.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s