Haïti : Ouvriers momentanément en grève au parc industriel de Caracol

AlterPresse, 18 juillet 2013 :

Des ouvriers travaillant dans la construction au Parc industriel de Caracol (Pic) pour le compte de la compagnie de construction dominicaine Estrella ont observé un arrêt de travail le 16 juillet 2013 en vue d’exiger le paiement ponctuel de leurs salaires et l’amélioration des conditions sécuritaires de travail, selon des informations recueillies sur place.

« De nos 30 ou 31 jours de travail du mois, on ne nous paie que la moitié. Et ceci à la fin du mois ou la première semaine du mois qui suit. Ainsi pour continuer à vivre on doit contracter des dettes. C’est injuste. Nous voulons être payés à temps », déclare un ouvrier gréviste.

Ces Haïtiens et Haïtiennes qui n’ont signé aucun contrat d’embauche ne font pas partie d’un syndicat.

Selon les témoignages recueillis, un ouvrier peut gagner entre 400 et 900 gourdes par jour.

Cependant, le niveau de salaire dépenderait de deux facteurs : la nationalité et le contremaître de référence, rapportent plusieurs ouvriers.

« Les Dominicains gagnent plus que nous et sont payés en devises etatsunisiennes. C’est une compagnie qui maltraite les Haïtiens », lance, indigné, un ouvrier haïtien.

Les protestataires ont affirmé avoir contacté les responsables de la compagnie qui n’auraient pas donné suite à leur requête.

Sur place, il n’a pas été possible d’entrer en contact avec les dirigeants de Estrella en vue d’avoir leur version des faits.

« Ils avaient l’habitude de nous nourrir. Soudainement ils ont arrêté en promettant de nous augmenter de 50 gourdes. Ils ne l’ont jamais fait », se plaint un autre ouvrier.

Les grévistes ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail qu’ils jugent « exécrables » et réclament que les responsables de Estrella tiennent compte de leur sécurité en leur octroyant des « bottes, des casques et des gilets [utilisés dans la construction] ».

Ces ouvriers et ouvrières qui viennent de communes autres que celle de Caracol dénoncent également le fait que même après leur période probatoire, ils ne sont pas employés.

« Nous avons vu des cas de nos confrères licenciés sans être dédommagés », déplore un des protestataires.

Les ouvriers ont repris le travail le 17 juillet sous le coup de promesse de changement de la situation, ont-ils informé.

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