L’ordre règne en Floride

Déclaration du Comité Central du Workers Party in America (Parti des Ouvriers en Amérique), 14 juillet 2013 :

Avec le verdict du procès de George Zimmerman selon lequel il serait non-coupable rendu public, la classe dirigeante raciste peut désormais pousser un soupir de soulagement. Pendant 16 mois, les capitalistes et leurs administrateurs de la « classe moyenne » (politiciens et bureaucrates, flics et juges, professionnels et manageurs, « leaders » auto-proclamés et  fonctionnaires) se sont inquiétés publiquement que l’acquittement de Zimmerman entrainerait des mouvements sociaux, des « émeutes » et « troubles » à une révolte anti-raciste. Mais l’ordre règne à Sanford, Floride.

Les médias des patrons sont à la fois soulagés et frustrés par le verdict. Comme la décision était entre les mains d’un jury nourri de sentiments racistes et alarmistes par les avocats de Zimmerman, ces mêmes médias ont commencé à spéculer (et à saliver) sur les possibles « émeutes » comme après l’acquittement des flics qui ont brutalisé  Rodney King ou assassiné Oscar Grant. Mais ils ont été privés de leurs macabres prédictions, puisque l’ordre règne dans les centres-villes d’Amérique.

Pour les politiciens radicalement réactionnaires qui ont passé les dernières années à construire un nouveau Jim Crow à travers les Etats-Unis, le verdict apparaît comme la récompense de leurs efforts. Non seulement Zimmerman a été acquitté aux yeux de leur système de « justice », mais s’y ajoutent en plus la raciste législation « Stand your ground » (NdT : loi « tirez d’abord » qui étend l’autodéfense au fait que l’autre « lui avait fait peur », sans qu’il y ait donc nécessairement d’agression), la criminalisation de la jeunesse pauvre et ouvrière (en particulier les jeunes afro-américains et latinos), et la remise en cause des quelques acquis du mouvement des droits civiques. Pour ces barbares politiques et leurs maîtres, le système fonctionne parce que l’ordre règne.

Les parents de Trayvon Martin ne voulaient que la paix à l’issue de ce procès, la tranquillité d’esprit, le repos en paix de leur fils et la paix et la justice pour leur communauté. La question n’est pas de discuter leur demande et leur appel pleins de larmes. Ils ont bien plus soufferts que n’importe quel parent le devrait, et par respect et dignité humaine fondamentale il doivent recevoir toutes la sympathie et condoléances. Sybrina Fulton et Tracy Martin méritent la paix, et ils méritent notre respect. Mais c’est l’ordre, et pas la paix, qui l’emporte ce soir.

L’ordre règne, non pas parce que le peuple travailleur accepte joyeusement l’issue du procès Zimmerman, ou parce qu’il pense que le jeune Trayvon était complice de son propre meurtre, mais parce que cet ordre se maintient par la violence, le terrorisme et les massacres sanglants commis par les corps armés de l’Etat (auxquels s’ajoutent les corps armés « non-officiels » comme les milices d’extrême-droite, la sécurité privé, les gangs fascistes et groupes terroristes). Les ouvriers, noirs, bruns et blancs, comprennent que l’ordre n’est pas la paix, qu’être silencieux n’est pas être d’accord, qu’un verdict n’est pas la justice.

L’ordre règne, mais cet ordre est une honte. Il n’existe que parce que le niveau de barbarie craint si l’ordre est brisé. La violence organisé de l’Etat ne peut être combattu que par une classe ouvrière organisée et unie qui a la volonté et la capacité de se défendre contre un ennemi armé jusqu’aux dents et prêt à utiliser ces armes. L’ordre du capitalisme raciste américain ne peut être brisé que par l’organisation révolutionnaire de la classe ouvrière. Tout, sauf une lutte révolutionnaire, signifie encore plus de morts, de terreur et d’ordre.

Pour Trayvon Martin, Shaima Alawadi, Anthony Baez, Sean Bell, Troy Davis, Amadou Diallo, Patrick Dorismond, Malcolm Ferguson, Ramarley Graham, Oscar Grant, Kathryn Johnston, Ayana Jones, Marcelo Lucero et les milliers d’hommes et de femmes, de garçons et de filles, qui sont chaque année victimes du système raciste américain, nous disons que cette défaite doit servir comme début de l’organisation d’un mouvement politique révolutionnaire capable d’enterrer ce système et son ordre sanglant, capable de se lever encore et encore, rassemblant des forces sans cesse croissantes et proclamant au monde : nous étions, nous sommes, nous serons !

2 réponses à “L’ordre règne en Floride

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