Brésil : une partie du pays paralysée par une grève générale

Le Parisien, 11 juillet 2013 :

Après les manifestations historiques de juin, convoquées par les réseaux sociaux et rassemblant des millions de jeunes aux revendications «apolitiques», ce sont cette fois les travailleurs qui défilent ce jeudi dans tout le Brésil, derrière les bannières de leurs organisations ou partis politiques. Plusieurs routes du pays ont été bloquées et les transports en commun sont partiellement paralysés.

Manifestation à Sao Paulo

Manifestation à Sao Paulo

Les manifestants ont répondu à l’appel des grandes centrales syndicales dans le cadre d’une «journée nationale de luttes». Les cinq grands syndicats manifestent côte à côte pour la première fois et réclament notamment la réduction de la semaine de travail à 40 heures (contre 44 heures aujourd’hui). Ils reprennent aussi certaines des revendications des manifestions de juin, comme l’amélioration des services publics et plus d’investissements en éducation.

«Les hommes politiques sont de plus en plus éloignés de la population»

«C’est la première fois dans l’histoire du Brésil que nous manifestons ensemble. C’est important pour que la présidente réponde à nos demandes», a expliqué le président de Force syndicale (FS), Paulo Pereira da Silva alias «Paulinho». Toutefois, les syndicats arrivent divisés quant à leur soutien au gouvernement de la présidente de gauche Dilma Rousseff, certains affichant leur opposition, comme Force syndicale (FS). Seule la Centrale unique des travailleurs (CUT), le plus important des syndicats, défend le référendum voulu par la présidente, comme réponse à la rue, pour une grande réforme politique.

Parmi les manifestants, de l’avenue Paulista, la principale de Sao Paulo, Rosely Paschetti, 49 ans, brandit une affiche où l’on peut lire «plus d’impôts pour les riches, moins pour les pauvres». «Je suis employée municipale à Sao Paulo et je suis là parce qu’il y a une crise dans les secteurs de la santé et l’éducation. Il faut changer cela».

Nilma Tasse, 52 ans, fonctionnaire à l’Université de Sao Paulo (USP) critique le projet de réforme politique de la présidente Rousseff. «C’est juste une mesure pour freiner les mobilisations. Nous avons besoin d’une assemblée constituante. Le gouvernement et les hommes politiques sont de plus en plus éloignés de la population».

A São Paulo, mégapole de 20 millions d’habitants, les syndicats des transports ont appelé à bloquer les 29 terminaux d’autobus mais les trains et métros fonctionnent normalement. Dans d’autres grandes villes, comme à Salvador de Bahia, Porto Alegre, Belo Horizonte, Curitiba, Florianopolis ou Manaus, les transports en commun sont également à l’arrêt. Plusieurs écoles ont fermé leurs portes et certains hôpitaux ne traitent que les urgences.

A Rio de Janeiro, les transports en commun fonctionnent normalement à l’appel des syndicats, l’objectif étant de permettre à la population de venir manifester dans le centre-ville.

Le plus grand port d’Amérique Latine paralysé

Une grève des dockers du port de Santos, près de São Paulo, a paralysé mercredi toutes ses activités. La grève, très handicapante puisque le port de Santos se trouve être le plus grand d’Amérique latine, se poursuivait ce jeudi. Les syndicats des dockers, qui regroupent 80 000 travailleurs, rejettent un décret présidentiel de juin qui établit de nouvelles règles pour les concessions des ports publics et les autorisations d’ouverture de ports privés.

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