Nouvelle journée de mobilisation en Egypte

Des dizaines de milliers d’opposants à Mohamed Morsi étaient rassemblés dimanche 7 juillet en Egypte, notamment sur la place Tahrir au Caire, dans une démonstration de force destinée à prouver que l’ex-président islamiste a été renversé par une révolution populaire et non un coup d’Etat.

Des milliers d'opposants au président déchu Mohamed Morsi se sont rassemblés place Tahrir au Caire, le 7 juillet. | AP/Khalil Hamra

Des milliers d’opposants au président déchu Mohamed Morsi se sont rassemblés place Tahrir au Caire, le 7 juillet. | AP/Khalil Hamra

Alors que des avions de chasse rasaient les toits de la capitale, lâchant derrière eux une fumée aux couleurs du drapeau national, la place Tahrir était noire de monde pour une mobilisation se voulant pacifique, après des heurts d’une rare violence vendredi entre pro et anti-Morsi. De leur côté, les islamistes continuaient à mobiliser leurs troupes pour maintenir la pression sur l’armée, qui détient M. Morsi depuis sa destitution, et dénoncer l’« Etat policier » qu’elle a instauré, selon eux.

« L’EGYPTE A CONNU UNE RÉVOLUTION, PAS UN COUP D’ETAT »

Ces mobilisations rivales font peser le risque de nouvelles violences. Vendredi, au moins 37 personnes avaient été tuées et plus de 1 400 autres blessées à travers le pays, notamment en marge de rassemblements de dizaines de milliers de sympathisants des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi. Dimanche, l’ambiance était bon enfant à Tahrir recouverte d’une nuée de drapeaux, dont l’un, géant, proclamait « Dégage » à l’adresse de M. Morsi, tandis que des pancartes affirmaient, en anglais, « l’Egypte a connu une révolution, pas un coup d’Etat ».

Non loin de là, Yasser, ingénieur, a affirmé que la destitution de M. Morsi n’était pas « contre la démocratie car 30 millions de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur colère ». Comme lui, des dizaines de milliers d’Egyptiens étaient mobilisés dimanche dans de nombreuses villes du pays pour« achever (la révolution) du 30 juin », date à laquelle avaient débuté les manifestations d’une ampleur inédite qui ont conduit l’armée à déposer M. Morsi.

Ses partisans étaient quant à eux massés par milliers près de l’université du Caire, dans le quartier de Guizeh, devant une mosquée du faubourg de Nasr City, ainsi que devant la Garde républicaine, où quatre des leurs sont morts vendredi lors d’échanges de tirs avec des soldats. « Les militaires ont volé la légitimité et mon vote. Ce sont des traîtres », a lancé Ahmed Mohamed, un étudiant venu d’Assiout (sud).

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/07/07/egypte-tractations-pour-le-poste-de-premier-ministre-manifestations-attendues_3443780_3212.html

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