Caen : Quelque soit la nationalité, un toit pour tous !

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°33« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

En ce début du XXIème siècle, en France, dans un des pays les plus riches du monde, il y a des êtres humains qui n’ont pas de logements décents ou pas de logement du tout. Pire, l’Etat et les gouvernements successifs jettent des familles entières à la rue, sans solution de relogement. Leur seul tort ? Se prendre de plein fouet les conséquences désastreuses (austérité, précarité, chômage et misère) d’un système absurde et inhumain, le capitalisme, qui place les profits, la sacro-sainte « propriété privée » et le droit de propriété bien devant le droit à un logement pour tous, la dignité et la vie humaine.

L’existence même des expulsions est une barbarie. Une barbarie institutionnalisée et défendue par l’Etat, qui expulse même des centres d’hébergement d’urgence (115).

Dans la continuité de la politique xénophobe des gouvernements successifs, le Préfet du Calvados a décidé de supprimer les places du dispositif d’hébergement d’urgence pour les familles de demandeurs d’asile. Une centaine de personnes, des familles entières, dont plusieurs dizaines d’enfants et de nourrissons, sont mises à la rue depuis fin mai. Et la situation risque de s’aggraver avec des nouvelles mises à la rue programmées dans les jours et semaines à venir. En août, ce sont 700 personnes qui pourraient ainsi se retrouver à la rue.

Le 4 juin, une première manifestation a rassemblé 300 personnes devant la Préfecture à Caen. Devant l’absence de réponse de la préfecture, une nouvelle manifestation a eu lieu le 11 juin. Cette fois, un campement d’une quinzaine de tentes a été mis en place devant le Théâtre de Caen où les familles avec les enfants, dont un bébé de trois semaines, ont passé la nuit.

Le lendemain, la préfecture a enfin proposé de loger les parents avec les enfants en garantissant, verbalement, le respect des droits pour ces familles dont les dossiers de demande d’asile sont en cours et notamment en cas d’un appel suite à un premier refus de la part de l’OFPRA. Le campement a donc été levé, mais très vite, on s’est aperçu que la préfecture avait menti à la délégation. Dès le mardi soir, la préfecture a refusé de loger trois familles sur 17, dont une avec un bébé de trois mois. Le lendemain, le préfet revenait sur l’hébergement de quatre autres familles sous prétexte de leur situation administrative. Aussi, de nouvelles manifestations, avec à chaque fois plusieurs centaines de personnes ont eu lieu les 17 et 24 juin.

Le 25 juin, à la fois pour renforcer la pression sur la préfecture que pour offrir une solution pour les familles à la rue, un logement est occupé au 202 rue de Bayeux à Caen. Il faut dire que si des familles sont à la rue, on estime à 3 millions le nombre de logements vacants en France, dont plus de 5500 à Caen. L’adresse du lieu occupé a été rendue publique le vendredi 28 juin.

Alors que ces lignes sont écrites, la mobilisation continue. Une nouvelle manifestation est prévue pour le 1er juillet et l’Assemblée Générale de Lutte Contre toutes les Expulsions qui s’est mise en place compte bien continuer la lutte jusqu’à ce que toutes les familles et toutes les personnes expulsées aient enfin de solution de logement !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s