Tunisie : les 3 Femen libérées, de retour en France jeudi

Les trois militantes européennes de Femen emprisonnées en Tunisie ont été condamnées, mercredi en appel, à une peine avec sursis et devraient très vite être de retour en France. Selon leur avocat Me Patrick Klugman contacté par Le Parisien, les Femen étaient en train d’être libérées ce mercredi soir vers minuit et devraient poser le pied sur le sol français ce jeudi.

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Pauline Hillier, Josephine Markmann et Marguerite Stern (de gauche à droite) étaient jugées en appel au tribunal de Tunis ce mercredi après-midi. ( AFP / Fethi Belaid )

Un peu plus tôt dans la soirée, leur avocat tunisien Souhaib Bahri avait annoncé le verdict et la libération des militantes dans les heures à venir, sans pouvoir dire quand les jeunes femmes — deux Françaises et une Allemande — allaient rentrer dans leurs pays. «C’est un immense bonheur d’avoir plaidé en Tunisie pour la liberté des Femen et d’avoir été entendus», avaient également dit les deux avocats français, Patrick Klugman et Ivan Terel.


Les trois militantes sont en détention dans la banlieue de Tunis depuis le 29 mai et leur action seins nus de soutien à Amina Sbouï une militante tunisienne de Femen emprisonnée depuis la mi-mai. En première instance, les activistes européennes avaient été condamnées à quatre mois et un jour de prison ferme pour atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur.

Les militantes s’excusent devant les juges

Lors du procès en appel, pour la première fois, les deux militantes féministes françaises, Pauline Hillier et Marguerite Stern (23 et 27 ans) et l’Allemande, Josephine Markmann (19 ans) se sont excusées devant les juges. «On ne pensait pas choquer les Tunisiens à ce point, il est hors de question pour nous de recommencer», a assuré Pauline au cours de l’audience. «Je regrette cet acte et je m’en excuse», a déclaré de son côté Joséphine en réponse à un juge, qui lui faisait remarquer que «le droit musulman interdit de tels actes».

Ces mots contrastent avec le discours habituel des trois détenues. «Dévoiler nos seins n’est pas fait pour créer une excitation sexuelle mais il s’agit d’une forme de militantisme», s’était défendue Marguerite devant les magistrats le 12 juin. «Je me réjouis de chaque opportunité pour exprimer mes positions politiques», avait insisté sa comparse allemande. Devant ce revirement, l’organisation Femen a exprimé sa vive inquiétude : «Nos activistes incarcérées semblent avoir été sujettes à des pressions psychologiques sans précédent. C’est la conclusion préliminaire que nous tirons de la position radicalement changée de nos militantes condamnées à la Cour d’appel», a mis en garde l’ONG dans un communiqué. Elle a même appelé le public à «comprendre» ces trois femmes «qui ont passé un mois dans un isolement total du monde, qui étaient en tête-à-tête avec la machine répressive islamique», comme pour les excuser.

Leur avocat défend leur mode d’action

Les trois activistes, toutes vêtues d’un safsari (l’habit traditionnel que portent les femmes justiciables en Tunisie) étaient défendues par plusieurs avocats. Le Français Me Patrick Klugman a défendu les méthodes des Femen, dont la philosophie «sextrêmiste» consiste à défendre les droits de la femme et à lutter contre l’oppression en manifestant seins nus en public. «Vous ne pouvez pas pervertir le message de Femen (…) Leurs seins sont à la vue du public, mais il y a un message dessus, vous ne pouvez l’ignorer. Arrêtez de regarder leur poitrine (…) Ecoutez les», a-t-il lancé. «Elles croyaient qu’elles ne risquaient rien dans un pays qui vient de se soulever pour la liberté», a-t-il ajouté en référence aux révoltes populaires du Printemps arabe, qui ont fait tomber le gouvernement de Ben Ali en 2011.

Leur manifestation du 29 mai à Tunis visait à réclamer la libération de la Femen tunisienne Amina Sbouï, 19 ans, arrêtée et placée en détention à Kairouan (sud de Tunis) 10 jours plus tôt après avoir participé à une manifestation anti-salafiste. Condamnée un première fois à une simple amende de 300 dinars (150 euros), elle se trouve toujours en prison en attente d’un nouveau jugement.

Le Premier ministre tunisien favorable à leur libération

Dans une interview accordée au journal belge Le Soir en marge d’une visite au Parlement européen et à la Commission européenne de Bruxelles, le Premier ministre tunisien Ali Larayed avait annoncé qu’il était favorable à ce que le pouvoir ordonne la libération des trois Femen européennes «si la justice ne les relaxe pas». «Le président de la République dispose du droit de grâce dans ses compétences», a précisé le chef du gouvernement issu du parti islamique Ennahda. Il a assuré qu’elles «n’ont pas été maltraitées» par les autorités.

Il a cependant tenu à faire part de son indignation face aux méthodes employées par les activistes. «J’estime que ces jeunes femmes ont agi de manière offensante pour le sexe féminin, elles n’ont utilisé ni le moyen ni le goût corrects».

A son arrivée au Parlement européen mardi, Ali Larayed a pourtant été accueilli par des militantes Femen qui ont attaqué son cortège seins nus. Mais en présence des représentants de l’Union européenne, dont le président de la Commision José Manuel Barroso qui l’a invité à assouplir ses lois en faveur de la liberté d’expression en Tunisie, Ali Layared a maintenu un discours clément.

VIDEO. Les Femen attaquent le cortège d’Ali Larayed à Bruxelles mardi :

http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/tunisie-les-femen-s-excusent-devant-les-juges-26-06-2013-2931061.php

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