Salariés non payés : débrayages ce lundi chez Sambre et Meuse à Feignies

Une rencontre a eu lieu entre la direction et les représentants du personnel mais elle a tourné court. À l’appel de la CGT et de la CFTC, entre soixante et soixante-dix salariés se sont regroupés à l’entrée de cette entreprise emblématique de la rue des Usines où ils ont allumé un feu alimenté par des pneus et des palettes. À la mi-journée, les salariés affichaient la ferme intention de tenir cette position jusqu’à la fin du second poste de l’après-midi.

Selon Aurélien Motte, pour la CGT, ce type d’incident de paiement est devenu sans mauvais jeu de mot, monnaie courante depuis trois mois. « À 9,43 € de l’heure, des salariés se retrouvent à découvert. Un collègue n’a pas pu retirer de l’argent ce matin (lundi-NDLR). Ils sont hyper-motivés pour la grève. À la fonderie, on travaille dans un autre monde, dans des conditions éprouvantes. On ne comprend pas, on nous demande de produire, de venir le samedi… », s’interroge le Cégétiste.

Il y a certes matière à interrogation quant à la mauvaise passe que traverse visiblement Sambre et Meuse. Hier l’un des fleurons de l’industrie sambrienne ayant employé jusqu’à 3 200 salariés, l’entreprise a frôlé la disparition à plusieurs reprises avant d’être achetée, en décembre 2010, par le russe UVZ, Uralvagonzabo, usine de wagons de l’Oural. Un colosse UVZ, société d’État dont le patron est un proche de Vladimir Poutine, un consortium de soixante-trois entreprises employant soixante-dix mille personnes dans tous les domaines. Au rachat, Oleg Sienko, son patron, avait dressé des perspectives inespérées pour Sambre et Meuse en annonçant que l’effectif passerait de 210 à 400 salariés, le tonnage quotidien de 70 tonnes à plus de deux cents et le chiffre d’affaires de 15 à 45 M €. Ce qui est admis, c’est que les opérations d’homologation du matériel produit à Feignies et destiné à une rude utilisation – sous des températures comprises entre moins et plus cinquante degrés – ces opérations donc, ont pris du temps et accusé des gros retards. De nombreuses pièces sont revenues de Russie pour être refondues et refaites. Mais il semble que ce difficile cap soit passé et que les gigantesques besoins d’un secteur ferroviaire russe en pleine modernisation soient aujourd’hui à portée de main technique du savoir-faire de Sambre et Meuse. Ces retards ont-ils affecté une activité, le ferroviaire, dont la particularité est d’être fragilisé par des cycles de recherche, de production et de commercialisation longs ? Toujours est-il que, de source sûre, les représentants de la direction – qui n’ont pu être joints dans la journée -, se sont rendus lundi matin au tribunal de commerce de Valenciennes pour déposer une demande de redressement judiciaire dont l’examen a été fixé au lundi 1er juillet.

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