31 étudiants interpellés après une manifestation contre la fin des aides au maïs

TV Monde,  18 mai 2013 :

Au moins 31 étudiants ont été interpellés sur ordre du président zambien Michael Sata, après une manifestation étudiante vendredi à Lusaka contre l’arrêt des aides gouvernementales au maïs, une denrée de base des Zambiens, a indiqué la police samedi.

« Nous avons jusqu’à présent appréhendé 31 étudiants qui n’ont pas encore été inculpés », a déclaré à l’AFP le chef de la police régionale de Lusaka Joyce Kasosa, précisant que la liste n’était pas encore définitive.

Plusieurs centaines d’étudiants de l’Université de Zambie avaient marché vendredi en direction du palais présidentiel, demandant à être reçus par le président Sata. Mais le chef de l’Etat, en déplacement à une soixantaine de kilomètres de la capitale, avait donné l’ordre à la police de procéder à des arrestations et aux responsables de l’université de les expulser.

Le nombre exact d’arrestations n’avait pas été immédiatement communiqué vendredi. Le recteur de l’université de Zambie Kavwanga Yambayamba a prévenu qu’il n’hésiterait pas à exclure les fauteurs de trouble.

Le chef de l’un des principaux partis d’opposition, le Parti uni pour le développement national (UPND), Hakainde Hichilema, a réclamé samedi la libération immédiate des étudiants interpellés.

Manifestation étudiante contre la fin des aides au Maïs à Lusaka le 17 mai

« Ces étudiants sont détenus depuis hier (vendredi) et nous demandons au président Sata de les libérer sans condition », a-t-il déclaré à des journalistes.

M. Hichilema, qui a lui-même été arrêté à deux reprises cette année, a estimé que le gouvernement de M. Sata avait « échoué à gouverner » la Zambie et maintenant, a-t-il ajouté, « ils arrêtent tout le monde y compris des étudiants ».

M. Hichilema avait été interpellé et accusé de diffamation à l’encontre du président Sara et d’incitation à la violence.

L’arrêt des subventions au maïs et à d’autres denrées agricoles, annoncé en début de semaine, a suscité une levée de boucliers dans le pays où l’on craint une hausse du prix du « mealie meal », le foufou de maïs, qui coûte l’équivalent de 40 cents d’euro le kilo, est un aliment de base, essentiel à la survie des 60% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Le président Michael Sata, à la tête de la Zambie depuis plus d’un an et demi, a pris le risque de provoquer le mécontentement populaire en stoppant coup sur coup les subventions à l’essence et au maïs.

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