Estillac : Nouvel arrêt de travail à La Ronde des Fraîcheurs

Sud-Ouest, 10 mai 2013 :

Une trentaine d’ouvriers s’est mise en grève hier. Ils dénoncent la suppression d’acquis négociés lors d’un dernier conflit ainsi que la surveillance par des caméras cachées.

Chaotique déjà au cours de ces deux dernières années, l’histoire sociale de La Ronde des Fraîcheurs s’est remise à balbutier, avec une grève surprise déclenchée, hier matin, à l’appel de la CGT. Les salariés mécontents ont barricadé l’entrée de l’usine de pâtisserie industrielle, située zone Mestre-Marty à Estillac, empêchant l’accès aux voitures, mais sans priver ceux qui le souhaitaient de rejoindre leur poste de travail.

Ils étaient une bonne trentaine, en ce jeudi de l’Ascension, soit 60 % des ouvriers, à porter l’étiquette rouge cégétiste et à brandir des accusations graves à l’encontre de la directrice, Mme Sandrine Delsol. Préposé à l’artillerie lourde, le délégué syndical Adnane Dkhir, soucieux d’éclairer sous le fracas des diverses bombes jetées, les raisons de ce conflit arrivé sans crier gare.

Vue sur les toilettes

« L’année dernière, suite à des informations que nous avons pu obtenir, nous avons découvert que l’entreprise était équipée d’une dizaine de caméras de surveillance cachées dans des détecteurs de mouvement. Des caméras braquées sur les urinoirs et les toilettes pour dames, dans le couloir qui y conduit, dans la salle de pause, en zone de production ainsi que dans un bureau. Nous avons déposé plainte au tribunal de grande instance qui a désigné un huissier venu constaté la nature de ces installations. Nous avons aussi alerté la direction d’Intermarché, propriétaire de l’usine, dans l’espoir que la situation se règle en interne. Face à leur absence de réaction, nous avons choisi de nous mobiliser. »

Le mouvement initié, hier, n’est pas borné dans le temps. Les grévistes espèrent une entrevue avec la directrice, venue pallier avec quelques cadres, la défection des ouvriers. « En complément de la procédure pour les caméras, nous envisageons de porter plainte pour l’émission de formules de chèques appartenant au comité d’entreprise par la direction sous la précédente mandature. Pratiques que nous avons découvertes en demandant les archives des comptes du comité d’entreprise à la banque », s’indigne le délégué syndical de la CGT où, la remise en cause des accords négociés lors des précédents conflits de 2011, est par ailleurs, très mal vécue.

La nuit devant l’usine

Notamment la suppression de la prime de participation de fin d’année et la mise sous régime du versement du treizième qui ne concernerait plus, toujours selon le syndicat, que les salariés atteignant cinq années d’ancienneté. « La direction a aussi refusé les négociations annuelles obligatoires », s’agacent encore les grévistes. Jointe hier après-midi, la directrice Mme Delsol n’a pas répondu à nos sollicitations. Elle n’a pas non plus rencontré les grévistes qui ont prévu de passer la nuit de jeudi à vendredi dans leurs voitures, devant leur entreprise.

« Nous n’en partirons que lorsque nous aurons récupéré ce que nous avions acquis en 2011 », insiste Adnane Dkhir.

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