Les taxis bleus sont en grève

Affiliés à la société Taxi Ambassador, ils réclament de meilleures conditions de travail.

topelement

C’est Seadane Abdelmoula, secrétaire de l’association de défense des intérêts des chauffeurs de taxis (AICT) indépendants de Genève qui l’affirme : depuis jeudi matin, 70 taxis bleus affiliés à la société Taxi Ambassador sont en grève. «On travaille dans des conditions désastreuses, dit-il. Il y a de moins en moins de clients et de plus en plus de chauffeurs.» La société Taxi Ambassador, qui relaie aux conducteurs les appels des clients qui sollicitent un taxi, pratiquerait selon lui « un véritable racket sur les conducteurs ». Les taxis bleus sont un service privés à ne pas confondre avec les taxis jaunes, un service public. Seuls les taxis jaunes peuvent emprunter les couloirs de bus et prendre un client au vol.

«Il n’y a plus de boulot »

L’association a rédigé une pétition signée par 68 des chauffeurs affiliés à la compagnie. Ces derniers demandent à la centrale qu’elle honore son engagement de ne plus employer au-delà de 150 chauffeurs de taxis. «Il n’y a plus de boulot » se désespère Hicham Tazi, un chauffeur. « Si vous mettez 300 personnes sur un gâteau prévu pour 150, il ne vous reste plus rien.»

Les taxis bleus souhaitent que la société réduise à 600 francs l’affiliation mensuelle de 746 francs qu’ils lui versent pour recevoir les appels. « Ce tarif est exorbitant par rapport aux nombres de courses que la centrale nous attribue, râle Abdeldjebar Guendouz. Nous avons à peine droit à cinq courses par jour, quand ce n’est pas seulement deux. Tout ça pour environ 3500 francs brut par mois. Avec les frais d’essence, dans ces conditions, c’est impossible de s’en sortir !» Par ailleurs, d’après Seadane Abdelmoula, les courses les plus longues seraient taxées par la centrale jusqu’à 20% du prix de la course.

Des mendiants

Les grévistes exigent par ailleurs que la compagnie leur donne un mois de congé : «Quand nous partons en vacances, poursuit Abdeldjebar Guendouz, nous sommes obligés de continuer à payer cette affiliation de 746 francs, sinon la centrale nous vire. Ce n’est pas normal.»

Un chauffeur reprend, sous couvert de l’anonymat : « Les centralistes n’ont aucune considération ni aucun respect pour nous, ils nous traitent comme si nous étions des mendiants. Ils se croient tout permis, car ils savent qu’ils ont le pouvoir. Mais nous sommes prêts à poursuivre la grève jusqu’à ce que la société prenne en compte nos revendications.»

Une compagnie privée

« Il ne faut pas oublier que notre société est une compagnie privée, dit Metin Gunduz co-directeur de Taxi Ambassador, ce n’est pas une coopérative. Les personnes qui travaillent avec nous sont des affiliées. Ils ont signé un contrat, et si nos règles ne leur conviennent pas, ils peuvent partir. De toute façon, poursuit-il, seule une quinzaine de personnes ont arrêté le travail, ils peuvent donc continuer leur grève.»

Metin Gunduz réfute le fait qu’il y ait trop de chauffeurs dans son entreprise : « Je me suis engagé à ne pas dépasser les 150 chauffeurs, et ils sont 147 actuellement », assure-t-il. Il nie également taxer les courses les plus longues et assure que « les téléphonistes ne sont pas les plus malpolis».

Sur la question des congés, le directeur réponds du tac au tac : « Lorsque vous partez en week-end, vous continuez bien de payer le loyer !»

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/taxis-bleus-greve/story/22828324

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