Genève : Un 1er Mai sous le signe de la combativité

Le Courrier, 2 mai 2013 :

La mobilisation a été particulièrement réussie cette année. Environ 3500 personnes ont pris part, hier, au traditionnel cortège.

Même le soleil était de la partie. La mobilisation, hier, dans les rues de Genève, à l’occasion du traditionnel cortège du 1er Mai, a été remarquée. Entre 3000 et 4000 personnes ont pris part au défilé qui a débuté boulevard James-Fazy et s’est achevé au parc des Bastions.

Les slogans ont essentiellement porté sur les initiatives en cours ou soumises prochainement à votation, comme l’initiative 1:12 contre les rémunérations abusives, le salaire minimum à 4000 francs, l’augmentation des rentes AVS et le renforcement des contrôles dans les entreprises, ou encore le référendum contre le durcissement du droit d’asile.

Mais d’autres thèmes étaient également abordés: refus des licenciements antisyndicaux, solidarité avec les travailleurs du Bangladesh, soutien aux vingt-deux grévistes licenciés de la Providence à Neuchâtel, aux Palestiniens, ou encore à la révolution tunisienne.

Dans le cortège se trouvaient notamment des représentants des services publics et de l’hôtellerie, des vendeuses, des horlogers, des profs, des membres du Service de la protection des mineurs, des employés domestiques. Les syndicats – Unia, SIT, SSP, Syndicom, SEV, etc – ont défilé drapeaux au vent. Année électorale oblige, les rangs des partis de gauche étaient particulièrement fournis. Michèle Künzler, Robert Cramer, Ueli Leuenberger, Yvan Rochat chez les Verts. Les quatre candidats au Conseil d’Etat du Parti socialiste s’affichaient aux côtés de Liliane Maury Pasquier et Carlo Sommaruga. Tandis que Rémy Pagani, Christian Grobet ou encore Magali Orsini avançaient d’un même pas sous la bannière d’Ensemble à gauche.

A la place Neuve, les manifestants ont chanté l’Internationale. On a même aperçu un candidat au Conseil d’Etat l’entonner le poing levé. Au moment des allocutions, Alexander Eniline, jeune secrétaire du Parti du travail, a fustigé les gouvernements, de gauche comme de droite, «à la solde des banques et du patronat», et, citant Rosa Luxembourg, a appelé de ses vœux la construction d’une «nouvelle société socialiste».

Quand le courage paie

Puis ce fut au tour d’Alejo Patino de prendre la parole. Imprimeur, il a d’abord rappelé la situation dans sa branche. «Nous subissons des attaques incessantes pour passer de quarante heures à quarante-deux heures de travail hebdomadaire, sans augmentation de salaire. Or nous avons obtenu la semaine de quarante heures en 1977!» Son témoignage a valeur de symbole. Il avait été licencié après avoir invité ses collègues à participer à une manifestation syndicale, sur leur heure de pause. Puis, à la suite de l’occupation de son entreprise avec son syndicat, Syndicom, il avait finalement été réintégré. Une histoire dont Le Courrier s’était d’ailleurs fait l’écho en début d’année. Une belle leçon, surtout, en ce 1er Mai, qui prouve que le courage se révèle payant. «Je ne dis pas que c’est facile, mais c’est possible!»

Prochaine échéance? Dans un mois. Les syndicats donnent en effet rendez-vous à la population, samedi 1er juin, à l’occasion d’une journée de mobilisation pour exiger plus de protection et de droits pour les salariés.

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