La Réunion : Vers la grève illimitée dans le BTP ?

Clicanoo, 30 avril 2013 :

L’intersyndicale du BTP (CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGTR et FO) a lancé un appel à la grève illimitée en raison de l’échec des négociations salariales concernant environ 15 000 salariés.

« L’année dernière, il a fallu un mois pour arriver à un accord, cette année, ça dure depuis deux mois et demi et on a très vite senti la réticence du patronat à négocier », explique Daniel Balmann, de la CFDT BTP.

L’intersyndicale rejette la dernière proposition de 1,25 % de hausse des salaires au 1er juillet, soit +0,9 % si appliquée depuis le 1er janvier C’est, à peu de chose près, le niveau de l’inflation en 2012 (+0,8 %).

« On ne discute pas au niveau de l’inflation, d’autant que cela ne compense pas les hausses de l’alimentaire et du logement l’an dernier (+2,7 % chacun). Ça suffit ! « , hurlent les représentants syndicaux. Après six réunions, l’intersyndicale a demandé une revalorisation de 1,8 % sur l’année.

« Nous sommes conscients des difficultés du BTP, mais nous ne pouvons accepter que les fins de mois soient de plus en plus difficiles à boucler et qu’il n’y ait plus assez de nourriture dans les assiettes », explique Tangi Larnicol, de la CFE-CGC, par ailleurs porte-parole de l’intersyndicale.

Les syndicats de salariés ont calculé que l’écart entre leur proposition et celle du patronat représente un impact de 2 000 euros pour une petite entreprise de 10 salariés. « Rien d’insurmontable », selon l’intersyndicale, qui accuse aussi les grandes entreprises – celles qui « distribuent des dividendes » – de « se cacher derrières les petits artisans ».

Devant l’impasse, l’intersyndicale annonce donc vouloir mettre sa menace à exécution. Des blocages d’entreprises (on pense notamment à la GTOI et la SBTPC) et de gros chantiers sont évoqués. « Si on ferme les vannes des producteurs de matériaux et de ciment, tous les chantiers vont s’arrêter. Les salariés sont motivés pour entrer dans un conflit long et difficile, qui est parti pour durer des semaines s’il le faut », prévient Jacky Balmine, pour la CGTR BTP.

Mais si elle accuse clairement le patronat de vouloir pousser les salariés vers la grève, l’intersyndicale ne ferme pas la porte pour autant.

Aucune date n’a été annoncée pour le début d’un mouvement et si l’effet de surprise est évoqué, il s’agit aussi de permettre la tenue d’une énième réunion de négociation. L’avertissement clair lancé au patronat semble d’ailleurs avoir été compris. La FRBTP faisait savoir hier qu’un conseil d’administration extraordinaire serait organisé en début de semaine prochaine pour étudier la question.

De son côté, la Capeb a expliqué qu’elle allait réfléchir ce week-end à la manière de revenir à la table des négociations la semaine prochaine. « Nous devons trouver le moyen d’éviter la grève », nous disait hier le président de la Capeb.

Ce dernier ne veut pas que le BTP soit l’étincelle qui fera exploser la Réunion, alors que la tension sociale est à son comble. La dernière grande mobilisation des salariés du bâtiment réunionnais date de presque dix ans. C’était en 2004, à la même période, sur la question de la convention collective et des salaires

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