Strasbourg : Manifestation contre l’expulsion d’étudiants étrangers

L’Alsace, 10 avril 2013 :

Une centaine d’étudiants, d’enseignants, de représentants syndicaux et même d’anonymes sont venus soutenir la cause des étudiants étrangers, hier matin devant la préfecture de Strasbourg.

Le secrétaire général de la préfecture a reçu une délégation de sept personnes, composée de professeurs et des représentants des syndicats étudiants : « L’objectif de cette rencontre est de régulariser cinq dossiers en attente. On veut dénoncer les expulsions des étudiants étrangers » , explique Dilara Flatiploger, présidente de l’Union des étudiants étrangers de Strasbourg.

La peur de sortir

La circulaire Guéant, du nom de l’ancien ministre de l’Intérieur, qui restreignait la possibilité pour les étudiants étrangers diplômés de travailler en France, a été abrogée. Mais, regrette Eric Fries Guggenheim, maître de conférences en économie à l’Université de Strasbourg, « la préfecture continue d’appliquer les directives ». Or, estime cet enseignant, « c e qui est important, ce sont les efforts fournis par les étudiants. Ce n’est pas à la préfecture d’évaluer le cursus des étudiants mais à l’université. »

Ressources, échec universitaire et réorientation seraient les critères utilisés pour déterminer si un étudiant peut rester ou non sur le territoire français. « Pour les étudiants étrangers, il y a une double peine : réussir leurs études le plus rapidement possible et avoir des ressources minimales » , explique Michel Koebel, maître de conférences en sociologie à Strasbourg.

Parmi les 24 % d’étudiants étrangers à Strasbourg, cinq font l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Il y a cet étudiant qui a peur de sortir de chez lui de peur de se faire arrêter, cette jeune fille obligée de se marier pour pouvoir rester en France tandis que son employeur doit fournir une lettre de motivation pour justifier son embauche ou encore cet étudiant diplômé qui a trouvé du travail dans son domaine, mais qui n’a pas encore obtenu de titre de séjour.

« C’est triste d’en arriver là dans une ville aussi européenne que Strasbourg. C’est une richesse de pouvoir accueillir des étudiants étrangers », indique Anne-Pernelle Richardot, en charge de la citoyenneté à la mairie de Strasbourg.

À l’issue de la rencontre, la délégation a indiqué qu’il avait été décidé que les cinq dossiers en cause seraient réexaminés dans les quinze jours. Un des étudiants étrangers en situation irrégulière s’en est réjoui : « Ça fait chaud au cœur. On sent que l’université bouge, mais on espère qu’il y aura une évolution dans l’ensemble des cas. On ne demande rien d’autre que de finir nos études. On ne veut plus avoir peur de se faire arrêter en sortant de la bibliothèque. »

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