Du port de Beyrouth à Zaytouna Bay : La lutte pour les salaires

L’Orient Le Jour, 15 mars 2013 :

Au vingt-quatrième jour du mouvement déclenché par le Comité de coordination syndicale pour forcer le gouvernement à honorer sa promesse d’octroyer la nouvelle échelle des salaires dans le secteur public, des centaines de fonctionnaires et d’enseignants ont manifesté hier à l’entrée du port de Beyrouth puis dans le complexe de Zaytouna (Zeitouné) Bay.

« Les requins de la finance à Roumieh », plaident les manifestants sur cette banderole à Zaytouna Bay.

L’animateur du mouvement, le syndicaliste Hanna Gharib, président de la Ligue des enseignants du public, a saisi l’occasion et la nature des sites choisis par les manifestants pour réclamer du gouvernement un financement de la grille à partir des revenus de la contrebande au port et des biens-fonds maritimes occupés illégalement.

« Zaytouna Bay est la propriété d’un ministre, vous pouvez financer la grille des salaires à travers les revenus de Zaytouna Bay. Cette plage et ce front de mer sont la propriété des Libanais pauvres », a déclaré M. Gharib lors de la manifestation dans le complexe touristique, dans une allusion au ministre des Finances, Mohammad Safadi.

« Nous voulons que la grille des salaires soit financée par les revenus de Zaytouna Bay, du BIEL, de Solidere, du Miramar, de Las Salinas et de nombreux autres endroits spoliés du domaine public », a-t-il ajouté, s’adressant aux manifestants rassemblés dans la marina luxueuse.

Il a précisé, en outre, que l’exploitation de la partie publique de Zaytouna Bay avait été allouée par l’État à Solidere (par contrat de gré à gré) pour la somme symbolique de 2 500 livres par an pour le mètre carré. « Qu’ils craignent Dieu ! » a-t-il lancé.

Dans un premier temps, les manifestants n’avaient pas été autorisés à pénétrer dans l’enceinte du complexe. Ils s’étaient rassemblés face au Four Seasons. Mais à la suite de négociations, les FSI ont permis l’accès de la partie publique du site, M. Gharib demandant en contrepartie aux manifestants de ne pas transgresser les limites de la partie privée, qui abrite les restaurants et cafés.

Plus tôt dans la journée, devant les manifestants massés face à l’entrée 3 du port de Beyrouth, M. Gharib avait appelé à financer l’échelle des salaires en mettant un terme à la corruption dans cet important service public.

« Des dizaines de grilles de salaires peuvent être financées en mettant un terme à la corruption qui sévit au port de Beyrouth », a-t-il affirmé, chiffrant les trafics à quelque 2 milliards de dollars par an.

D’autres responsables syndicaux ont également pris la parole lors de cette manifestation, à laquelle ont participé les employés et ouvriers du port.
Tout le monde s’est accordé à promettre une importante mobilisation syndicale pour le 21 mars, au cas où la grille des salaires ne serait pas avalisée à cette date.

Par ailleurs, et pour les mêmes revendications, des manifestants ont brièvement coupé la route de Damas au niveau du village de Sofar.

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