Taylor : La voix du capitalisme

Article publié dans « Communisme-Ouvrier » n°30, bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

L’entreprise américaine Titan, qui avait déjà repris une partie des activités de Goodyear aux USA et au Brésil, était considérée comme un repreneur possible pour l’usine Goodyear d’Amiens, qui emploie 1173 personnes. Il s’agissait de reprendre l’activité de production pneus agricoles (517 emplois).

Mais, pour annoncer qu’il se retire de ce projet, le PDG de Titan, Maurice Taylor, se permet d’insulter les ouvriers de Goodyear : « La semaine de travail pour un travailleur français, c’est 7 heures payées par jour. Il déjeune et fait des pauses pendant une heure par jour, travaille pendant trois heures et pendant les trois autres heures il s’assoit et discute ». Il ajoute « « Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d’un euro l’heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin ».

Ce qui semble déranger le plus Maurice Taylor, le PDG de Titan, c’est qu’il soit contraint par la loi de discuter du plan de reprise avec les syndicats. Taylor est l’un des patrons les plus ouvertement anti-syndicalistes et anti-communiste qui soit : En 1998, les ouvriers des usines Titan de l’Iowa et du Mississippi s’étaient mis en grève pour protester contre les horaires de travail infernaux. Taylor les a licenciés en leur suggérant d’ « aller trouver du boulot à Cuba ».

La réponse du ministre du « redressement productif » Arnaud Montebourg est confondante. Une déclaration d’amour pour la politique d’Obama, un zeste de patriotisme, quelques avantages fiscaux, mais pas un mot ni sur les ouvriers, ni sur les syndicats. Il ne s’agit pas de les défendre, mais de pleurnicher pour que Titan revienne…

Quant à Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, elle s’est aussi fendue d’une déclaration pour condamner l’outrance de Taylor, mais… tout en insinuant qu’il a raison. Evidemment, elle doit à la fois cogner sur les ouvriers français et ne pas faire peur aux investissements américains. Toutes ces déclarations ne sont qu’hypocrisie et mépris de la classe ouvrière.

La législation est une ligne de front entre les classes. Le système de plans sociaux, de négociations syndicales, le droit du travail dans son ensemble, représente assez bien le rapport de force qui existe entre la classe ouvrière et les capitalistes. La résistance ouvrière est un obstacle à leurs profits. C’est pour cela que les patrons cherchent à la briser de toutes les manières. Les déclarations de Taylor ne sont pas une « outrance », mais la voix du capitalisme qui s’exprime dans son véritable langage.

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