Citroën Aulnay : PSA joue le pourrissement

Infos PSA Aulnay, 2 mars 2013 :

Il y a quarante-cinq jours maintenant que, ce vendredi 1er mars, la
grève à Citroën Aulnay a commencé. Cette fin de semaine pourrait bien
marquer un tournant sinon du côté des grévistes, toujours déterminés, du
moins du côté de PSA.

Les négociations reprises sous l’égide d’un médiateur représentant de
l’Etat, mais quasiment invisible et sans aucun poids, sont au point
mort. Aucun autre rendez-vous n’a été convenu avec la direction qui n’a
pas bougé d’un pouce sur les revendications. Exit donc cette nouvelle
phase de négociations.

Par ailleurs les mutations d’Aulnay à Poissy sont effectives. Non dans
le cadre du PSE qui ne sera sans doute pas signé avant quelques semaines
par les syndicats liés à la direction, mais dans celui des mutations
individuelles. Quelques dizaines d’ouvriers d’Aulnay, en particulier des
professionnels, ayant signé un avenant à leur contrat et pour cinq
semaines ont commencé à travailler à Poissy. PSA les transportant chaque
jour en car d’Aulnay sur ce dernier site à une heure et demi de l’usine
du 93.

Les « pots de fleurs » et autres « gilets jaunes », comme les grévistes
surnomment la centaine, au moins, de cadres sont toujours là, sous le
prétexte de séparer non grévistes des grévistes (simplement un peu plus
discrets à certaines occasions comme la venue de Thierry Le Paon, le
futur secrétaire général de la CGT) mais la production est toujours au
point zéro. De plus en fin de semaine une dizaine de camions ont été amenés à l’usine, dans le but sans doute d’enlever les pièces en stock, faites avant la grève et qui pourraient servir à la production des C3 transférées à Poissy.

Bref la direction aurait décidé de laisser pourrir le mouvement à
Citroën Aulnay, d’abandonner l’usine et de renoncer à y relancer une
production (rappelons que la fermeture totale n’était prévue qu’en début
2014) elle ne s’y prendrait pas autrement. Cette menace de fermeture
anticipée a d’ailleurs été brandie, il y a quelques temps déjà, par
Denis Martin lui-même, le directeur général des usines Peugeot en
France. Peugeot serait-il en train de la mettre en pratique ?

Une situation qui demanderait alors aux grévistes de redoubler d’efforts
pour ne pas se laisser enfermer dans une usine abandonnée par son patron
et s’adresser à l’extérieur, aux autres boîtes qui ont fermé ou doivent
le faire, aux autres travailleurs menacés ou licenciés, mais aussi à
ceux à qui le patronat entend bien imposer gel des salaires ou
conditions de vie et de travail aggravées (c’est-à-dire presque tous les
salariés public et privé, de France et de Navarre).

Ce n’est pas cette perspective que Le Paon a développé vendredi devant
les grévistes d’Aulnay avec un discours où il semblait plus préoccupé du
sort de l’industrie l’automobile que de l’avenir des salariés. A ceux-ci
donc de prendre eux-mêmes leur avenir et leur sort en mains.

Aulnay-sous-Bois samedi 2 mars 2013

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