Algérie : Les ouvriers chinois en lutte pour leurs salaires

L’Expression, 24 février 2013 :

«Nos familles nous appellent pour nous informer qu’ils n’ont pas quoi manger. Nous avons des enfants et des femmes qui crèvent de faim.»

«Tu n’a pas intérêt à écrire sur le sujet car c’est un projet cher au Président et ensuite, il s’agit là d’une des grandes sociétés chinoise auxquelles il ne faut jamais s’attaquer.» C’est ce qu’a «conseillé» un élément des services de sécurité au journaliste de L’Expression présent sur le chantier du futur «grand stade d’Alger», situé à Baraki et où des travailleurs chinois étaient en grève. A cet élément des services de sécurité, le journaliste a fait savoir qu’il ne veut attaquer personne en écrivant un article mais c’est pour informer. «Je te conseille de quitter les lieux et oublie tout ça, c’est un problème entre Chinois est ça va être réglé par les Chinois», ordonne le même monsieur au journaliste.

Le décor était étonnant, hier, les forces antiémeute de la Gendarmerie nationale étaient en nombre à se positionner devant le portail et à l’intérieur du chantier du futur stade d’Alger. Plusieurs dizaines d’ouvriers chinois qui travaillent pour la société chinoise de Construction Engineering Group (Crceg), en charge de la réalisation de ce stade étaient en arrêt de travail à l’intérieur du chantier. Ces travailleurs voulaient improviser une marche depuis la base de vie située à l’intérieur du chantier vers l’ambassade de Chine au boulevard des Martyrs à Alger. C’est pour la deuxième fois qu’ils out recours à la protesta après la marche qu’ils ont improvisée le 9 févier dernier. Ces hommes qu’on ne compte pas disent qu’ils subissent «un drame à huis clos»!

En effet, ils ont faim! Selon des témoignages recueillis sur place, ils n’ont pas perçu leur salaires depuis plus d’une année maintenant. «On travaille pour de l’argent de poche ici, avec la promesse de virer nos salaires pour nos familles là-bas en Chine, or ça fait une année que nos familles n’ont rien reçu», se plaignent-ils.

«On veut qu’il nous donnent notre argent!», éclate un des ouvriers chinois. Sur place, il n’y a pas que les ouvriers du chantier, d’autres les ont rejoints dans la matinée d’un autre chantier détenu par les Chinois situé à Saoula.

C’est l’affolement total! Les ouvriers ne parlaient que le Chinois mais la colère les a poussés a s’exprimer par des gestes et par des pleurs. «Nos familles nous appellent pour nous informer qu’ils n’ont pas quoi manger. Nous avons des enfants et des femmes qui crèvent de faim à l’instant même. Nous n’allons pas rester comme ça!», s’écrie un autre ouvrier. Tous, ils ne demandent qu’une chose: Leur donner leur argent ou quitter le pays. «Si les responsables ne nous donnent pas notre argent, nous allons rentrer chez nous… au moins là bas, nous serons à côté de nos femmes et de nos enfants pour les sauver de la famine», fulmine un autre travailleur. Ce qui demeure inquiétant encore, c’est que du côté des responsables de cette société ou même de l’ambassade, personne ne veut communiquer sur cette affaire. La situation dramatique que vivent ces centaines de travailleurs est émouvante. En d’autres termes, «même si ça se passe entre Chinois», pour reprendre les termes d’un gendarme rencontré sur place, l’injustice est subie sur le sol algérien. Nous avons tenté de joindre la direction de cette société sise à Bab Ezzouar, en vain.

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