César 2013 : manifestation des travailleurs du spectacle devant le Châtelet

AFP, 22 février 2013 :

Environ 250 techniciens du spectacle manifestaient vendredi en début de soirée devant le théâtre du Châtelet où doit se dérouler la 38e Cérémonie Des César 2013 affirmant que  » si rien ne change  » un grand mouvement de grève aura lieu dans leur profession.

 » Si rien ne change, il y a aura un très grand mouvement de grève des professions techniques du cinéma dans les prochaines semaines « , scandaient un porte-parole des manifestants qui sifflaient les invités au fur et à mesure de leur arrivée.

Le rassemblement se tenait sur le parvis central de la place du Châtelet juste devant le théâtre à l’appel de la Fédération nationale des syndicats du spectacle CGT et du Syndicat national des techniciens et travailleurs de la production cinématographique et de télévision (SNTPCT).

Les techniciens réclament des hausses de salaires. Ils protestent également contre la délocalisation des tournages  » avec des pouvoirs publics co-responsables parce qu’ils ferment les yeux ».

Ils demandent en outre une extension de la convention collective des métiers du cinéma, au centre d’une négociation houleuse qui agite le milieu du septième art depuis plusieurs mois.

Le texte, signé par les majors du cinéma, prévoit la mise en place de seuils minimaux de rémunération pour les réalisateurs, ouvriers et techniciens du cinéma.

« Lettre ouverte aux producteurs » par Daniel Edinger, syndicat français des réalisateurs (SFR-CGT), 
et Denis gravouil, syndicat des professionnels des industries du cinéma 
et de l’audiovisuel (Spiac-CGT), distribuée ce vendredi lors de la cérémonie de la remise des césars 2013.

« Mesdames les productrices, Messieurs les producteurs. Plusieurs de vos organisations s’opposent à l’extension de la convention collective de la production cinématographique signée le 19 janvier 2012, que nos syndicats de salariés ont très majoritairement paraphée.

Le conflit dure, et les tergiversations du gouvernement, alors que, pourtant, beaucoup d’entre vos sociétés appliquent les salaires historiques. Vos organisations persistent à vouloir faire de nos salaires les seules variables d’ajustement du budget de certains films sous-financés et l’ensemble de vos sociétés veut profiter de l’effet d’aubaine que constitue la non-extension d’une convention.

Nous, technicien(ne)s, ouvrier(e)s, réalisatrices et réalisateurs, vivons déjà la précarité de nos carrières, le manque de reconnaissance abyssal de nos compétences. Nous subissons une campagne de presse sordide, nous présentant comme les fossoyeurs d’une partie du cinéma alors que nous nous battons pour faire exister tous les films par notre travail, bien au-delà de ce que prévoient nos contrats. Ce qui vous réconcilie de vos intenses divergences sur notre dos. Dans le même temps, divers rapports concertés montrent à nouveau la volonté du Medef, de la CFDT, de remettre en cause le régime d’assurance chômage des intermittents et envisagent de supprimer radicalement l’annexe 8, celle-là même qui concerne… les ouvriers, techniciens et réalisateurs.

L’Association des producteurs de cinéma (APC) n’a pourtant pas hésité à adhérer récemment au Medef et à la CGPME ! Qui scie la branche sur laquelle il s’assoit ? Nous, qui voulons vivre de nos métiers ? Ou les apprentis sorciers qui reportent sur l’assurance chômage la question de la rémunération du travail ? Ceux qui délocalisent massivement pendant que la Commission européenne menace à nouveau la territorialisation des aides au cinéma ?

Le texte que nos syndicats ont signé le 19 janvier 2012 est un texte équilibré : des concessions importantes ont été actées de notre part, sur les rémunérations, la durée du travail, et notamment par le biais de l’annexe 3 relative aux films sous-financés dont il reste à discuter la mise en œuvre. Nous réclamons depuis des années une refonte de la politique de soutien pour permettre à tous les films d’exister : ne sont audibles parmi vous que ceux qui veulent remettre en cause le système de soutien à leur profit alors que nous voulons le revitaliser. Il est peut-être encore temps de reconnaître que, pour bénéficier d’un crédit d’impôts comme celui que vient d’accorder le gouvernement, pour avoir droit de recourir au CDD d’usage, pour bénéficier d’un système de soutien mutualisé au cinéma, cela impose à toutes et tous des règles sociales claires, à commencer par le respect des rémunérations conventionnelles.

Il est peut-être encore temps de sortir de la stratégie d’affrontement que vos représentants ont choisie d’adopter, d’accepter l’extension inéluctable de la convention du 19 janvier 2012, et de réclamer de concert une véritable politique de soutien à tout le cinéma. Il est peut-être encore temps d’éviter un mouvement de grève très dur dans les prochaines semaines.

Dans l’attente de l’émergence d’une véritable vision à long terme pour notre cinéma, reconnaissant la valeur de notre travail, nous vous prions de recevoir, Mesdames et Messieurs, nos salutations les meilleures, cependant que ne diminue pas notre détermination. »

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s