500 travailleurs d’ArcelorMittal ont mis la pression à Bruxelles

RTBF, 25 janvier 2013 :

Environ 500 travailleurs et représentants syndicaux d’ArcelorMittal se sont rendus ce vendredi à Bruxelles afin de mettre la pression sur le gouvernement fédéral qui y tenait une réunion de crise avec des représentants du gouvernement wallon. Certains manifestants se sont heurtés aux forces de l’ordre.

Entre 400 et 500 travailleurs d’ArcelorMittal se sont rendus à Bruxelles à bord de sept cars et de plusieurs voitures. Rue de la Loi, à proximité de la résidence du Premier ministre où se tenait une réunion de crise, certains manifestants ont tenté de franchir les barrages mis en place par les forces de l’ordre. Les policiers ont répliqué avec les autopompes. Quelques manifestants ont extrait des pavés et la situation a commencé à dégénérer, avec des jets de boules de neige, de pétards, de pavés et de bouteilles en direction des forces de l’ordre, qui ont fait usage de spray au poivre. Deux véhicules garés dans l’enceinte du SPF Défense ont également été endommagés à la suite de jets de pierre. Six policiers ont été légèrement blessés.

Le rassemblement a causé de nombreux embarras de circulation dans le centre de Bruxelles, notamment aux alentours de la petite ceinture.

Plusieurs dizaines de manifestants ont forcé les grilles du parc du Palais des Académies, rue Ducale, près de la station de métro Trône, sur la Petite Ceinture. Ils font face aux policiers dans le parc. Des manifestants bloquent également le passage des véhicules dans le tunnel Arts-Loi, ne laissant passer que quelques voitures. Deux hélicoptères de la police survolent l’évènement.

Des représentants syndicaux ont été reçu par les gouvernements fédéral et wallon. « On veut le maintien de l’ensemble de l’activité sidérurgique à Liège, le chaud et le froid, sinon ce sera une catastrophe sociale », a indiqué David Camerini, président de la délégation CSC. « Nous voulons des actes concrets, et plus des paroles », a-t-il insisté.

« Il faut examiner toutes les formules possibles et imaginables pour que Mittal s’en aille. Que ce soit l’expropriation, la naturalisation ou la négociation, il faut que Mittal s’en aille et il faut surtout que les usines du bassin liégeois tournent », a pour sa part déclaré Francis Gomez, le président de la FGTB Métal Liège-Luxembourg, qui demande également « des actes ».

Une source syndicale a indiqué, à l’issue de la réunion, à l’un des journalistes RTBF sur place qu’il ne serait pas question de nationalisation des sites, ni de portage public. Le gouvernement privilégie toujours la piste d’un repreneur.

Des assemblées générales sont prévues lundi. Jusque là, tous les sites de production à Liège sont en grève.

Réunion de crise

Elio Di Rupo, les principaux ministres du gouvernement fédéral, et plusieurs ministres du gouvernement wallon se sont retrouvé peu après 11 heures avec comme objectif de coordonner leur politique et examiner les possibilités d’action.

Plusieurs options sont sur la table : nationaliser le site, comme le demandent les syndicats ; renoncer à la sidérurgie et investir dans d’autres domaines d’avenir ; ou trouver un repreneur privé, et s’il le faut l’aider à relancer les sites abandonnés par Mittal. C’est là le scénario envisagé par le gouvernement wallon. Mais il y a un problème de taille à cette option : le géant de l’acier a, jusqu’ici, toujours refusé de vendre les outils qu’il ferme.

« Notre devoir, c’est d’être à la manœuvre pour limiter au maximum la casse », a déclaré le ministre-président wallon Rudy Demotte à son arrivée au Lambermont. « Nous sommes prêts à tout envisager dans la mesure de nos moyens et en tout cas à accompagner un plan industriel », a-t-il ajouté.

« La piste privilégiée, c’est effectivement celle d’un repreneur disposant d’un plan industriel », a de son côté répété le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt. Selon ce dernier, des contacts informels ont déjà eu lieu et ils vont se multiplier dans les jours et les semaines à venir. « Nous nous donnons 2 mois pour trouver un partenaire, car cela ne sert à rien de faire traîner la situation », a-t-il poursuivi.

« Nous allons devoir être très fermes », a pour sa part affirmé le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders en qualifiant Lakshmi Mittal d »homme qui ne tient pas sa parole ».

Pour la FGTB, il faut « réquisitionner » les usines fermées

Pour le secrétaire général de la FGTB wallonne, par contre, ce n’est pas un obstacle. Thierry Bodson incite même le gouvernement régional à « réquisitionner » les usines fermées : « En France, il y a eu encore très récemment un département qui a réquisitionné une entreprise que le propriétaire voulait fermer. Ils ont réquisitionné l’entreprise pendant seulement 3-4 heures, le temps de pouvoir la revendre à un acquéreur qui s’était manifesté et aujourd’hui, l’activité a repris. Cela signifie qu’au niveau même des règles européennes, il est apparemment possible de pouvoir envisager ce genre de chose. Bien entendu, si demain il y a un repreneur privé sérieux et autre qui se présente, il faut voir soit si le public vend l’entièreté de ses participations soit une partie de ses participations au privé qui se présenterait. Mais le portage public doit permettre surtout, durant une période qui peut être de plusieurs mois, de garantir l’activité et de faire en sorte qu’il y ait une attractivité pour les repreneurs potentiels ».

En attendant, le décompte est funeste dans le bassin sidérurgique liégeois : 800 emplois supprimés dans le chaud, et à présent 1300 dans le froid et sans doute plus de 6000 emplois indirects menacés.

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