Maroc : Manifestation pour la libération d’un membre du M20 qui aurait imité le roi

Yabiladi, 24 décembre 2012 :

Officiellement arrêté le 10 décembre dernier pour trafic de drogue et détenu depuis lors, Driss Bouterrada, membre du Mouvement du 20 février [M20] est entre les mains de la justice. L’AMDH et le M20 dénoncent de « fausses accusations » et réclament sa libération ainsi que celle de tous les autres « détenus politiques ».

Des jeunes du Mouvement du 20 février [M20] et des militants des droits de l’homme sont descendus dans les rues de Rabat, dimanche 23 décembre, pour réclamer « la libération de Driss Bouterrada et [celle] de tous les prisonniers politiques », selon les déclarations à l’AFP de la présidente de l’AMDH, Khadija Riyadi.

« Procès injuste »

Driss Bouterrada est un vendeur ambulant d’une trentaine d’années et membre du M20 depuis sa fondation en 2011. Il a été arrêté le 10 décembre dernier et détenu depuis lors dans une prison de Salé. Accusé de trafic de drogue, il est passé devant la cour de justice lundi dernier.

Mais « comme pour d’autres militants emprisonnés, son procès est injuste », dénonce Mme Riyadi, estimant qu’il est jugé sur de fausses accusations. En effet, selon les révélations faites par l’avocat du jeune homme à la presse après l’arrestation, Driss Bouterrada serait arrêté pour avoir « imité le roi ». Lors d’une manifestation syndicale samedi 8 décembre, Driss « était habillé d’une djellabah traditionnelle et arborait un couvre-chef rouge, une tenue souvent portée par Mohammed VI. [Il] s’appuyait également sur une béquille qui rappelait la canne avec laquelle le roi a l’habitude de se déplacer », a indiqué Me Smaïl Amar. D’après Mme Riyadi, Driss n’aurait plus d’avocat et n’a pas la possibilité d’en avoir un.

Le roi ne devrait pas être « mêlé à n’importe quoi »

Malgré la publication de cette information dans les médias internationaux, le ministère de la Justice n’a pas officiellement réagi et reste jusqu’alors injoignable. En revanche, les dernières déclarations du premier ministre Abdelilah Benkirane sur les droits de l’Homme au Maroc suscitent des interrogations. Lors d’une conférence de presse, M. Benkirane avait clairement fait savoir que même si le roi avait retiré de la constitution la sacralité de la sa personne, le souverain ne devrait pas pour autant être « mêlé à n’importe quoi ».

Par ailleurs, cela faisait un moment que le M20 n’était pas descendu en masse dans la rue. Le chef du gouvernement a récemment estimé que les jeunes « sont convaincus que ce pour quoi ils ont milité, quelque part, a été exaucé. […] ». Mais la sortie de ce week-end ne lui donne pas raison.

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