Neuf blessés dans des violences place Tahrir au Caire.

LE CAIRE (Reuters) – Neuf personnes ont été blessées dans la nuit de lundi à mardi par des assaillants qui ont ouvert le feu sur des manifestants campant place Tahrir dans le centre du Caire, quelques heures avant une nouvelle journée de mobilisation.

Opposants à Mohamed Morsi devant le palais présidentiel au Caire. Défenseurs et adversaires du projet de nouvelle constitution voulue par le président égyptien ont prévu de manifester mardi dans le centre de la capitale, ranimant la crainte d'affrontements meurtriers semblables à ceux de la semaine passée. /Photo prise le 10 décembre 2012/REUTERS/Mohamed Abd El Ghany (c) Reuters

Opposants à Mohamed Morsi devant le palais présidentiel au Caire. Défenseurs et adversaires du projet de nouvelle constitution voulue par le président égyptien ont prévu de manifester mardi dans le centre de la capitale, ranimant la crainte d’affrontements meurtriers semblables à ceux de la semaine passée. /Photo prise le 10 décembre 2012/REUTERS/Mohamed Abd El Ghany (c) Reuters

Des véhicules de police ont fait leur apparition autour de la place pour la première fois depuis le début des mouvements de protestation lancés le 23 novembre contre un décret du président Mohamed Morsi élargissant ses pouvoirs.

Les assaillants, le visage masqué, ont lancé des cocktails Molotov qui ont provoqué le début d’un petit incendie, ont rapporté des témoins. Les manifestants, réveillés par le bruit, ont alors répliqué en scandant des slogans hostiles à Mohamed Morsi et ont chanté « Le peuple veut la chute du régime ».

« Ces hommes masqués sont arrivés subitement et ont attaqué les manifestants de Tahrir. L’attaque visait à nous dissuader et nous empêcher de manifester aujourd’hui. Nous nous opposons à cette stratégie de la terreur et organiserons la plus forte mobilisation possible aujourd’hui », a témoigné John Gerges, un militant copte.

La semaine passée, sept personnes ont été tuées et plusieurs centaines d’autres blessées lors d’affrontements entre adversaires et partisans de Mohamed Morsi autour du décret contesté et du projet de nouvelle constitution qui sera soumis à référendum samedi.

L’opposition égyptienne et les islamistes partisans de Morsi ont appelé à de nouvelles manifestations ce mardi dans le centre du Caire.

La Garde républicaine a pris position autour du palais présidentiel. Des blindés, des blocs de béton et du fil de fer barbelé forment un cordon de sécurité autour du bâtiment. Un décret édicté tard dimanche soir par Mohamed Morsi donne provisoirement à l’armée le pouvoir d’arrêt des civils afin d’assurer la sécurité du référendum.

« CAMISOLE DE FORCE »

Libéraux, militants de la gauche égyptienne et autres groupes de l’opposition appellent à marcher dans l’après-midi sur le palais présidentiel. Ils affirment que le projet de constitution divise l’Egypte et l’enfermerait dans une « camisole de force religieuse ».

De leur côté, les islamistes, majoritaires au sein de l’Assemblée constituante, ont battu le rappel de leurs partisans et attendent des « millions » de manifestants en soutien au président Morsi et au référendum, qu’ils pensent être certains de remporter.

Pour Hamdine Sabahy, ancien candidat à l’élection présidentielle et membre influent du Front de salut national (FSN, coalition de l’opposition), Morsi tente de diviser les Egyptiens et de bloquer la possibilité d’un consensus.

« La voie désormais empruntée par Morsi ne permet pas la possibilité d’un consensus national », a-t-il estimé. Si la nouvelle constitution est adoptée, Sabahy juge que la division politique du pays ne va faire que s’amplifier.

Pour l’opposition et le FSN, qui compte dans ses rangs l’ancien prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradeï et l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, le projet de Loi fondamentale ne reflète pas la diversité des 83 millions d’habitants du pays.

Une porte-parole d’Amr Moussa a précisé que l’opposition continuait de réfléchir à la stratégie à adopter: le boycott du référendum ou une mobilisation en faveur du « non ». « Aucune des deux solutions n’est la bonne car nous ne voulons vraiment pas ce référendum », a dit Lamia Kamel.

Pour les Frères musulmans, l’attitude de l’opposition importe peu, tant qu’elle respecte la paix dans le pays.

« Ils sont libres de boycotter, de participer ou de dire non, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. L’important, c’est que cela se déroule dans un contexte pacifique afin de préserver la sûreté et la sécurité du pays », a dit Mahmoud Ghozlan, porte-parole de la confrérie islamiste.

L’armée est intervenue samedi pour tenter d’apaiser les esprits dans les deux camps, les appelant à résoudre leurs différends par la négociation et affirmant qu’elle n’accepterait pas que l’Egypte s’enfonce dans une « période sombre ».

Les troubles actuels laissent également planer des doutes sur la capacité du gouvernement à mettre en oeuvre les réformes économiques nécessaire.

Par Yasmine Saleh et Marwa Awad, avec Edmund Blair; Bertrand Boucey, Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français.

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