Avec les ouvriers de Tunisie, contre les réactionnaires islamistes

Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière, 7 décembre 2012 :

Il n’est pas nouveau que la bourgeoisie utilise, pour tenter de museler la classe ouvrière et terroriser les travailleurs, des bandes de voyous armés : chemises noires dans l’Italie des années 1920, SA dans l’Allemagne des années 1930, hezbolli dans l’Iran d’après 1979 ou salafistes comme aujourd’hui en Tunisie. Mardi 4 décembre, une bande de salafistes, envoyés par le parti Ennahdha au pouvoir, a attaqué le siège de l’UGTT, la principale organisation syndicale. En attaquant l’UGTT, c’est, au-delà des militants syndicalistes et des travailleurs syndiqués, toute la classe ouvrière qui était visée, en particulier son droit qu’elle a arraché dans la lutte contre la dictature de Ben Ali, à s’organiser et à revendiquer par la grève, cette arme naturelle de tous les travailleurs du monde.

Face à cette agression, dès le 5 décembre, des manifestations ont eu lieu comme à Tunis, Sousse, Sfax, Menzel Bouzayène ou Mahdia pour défendre les libertés arrachées par la révolution de 2011 et menacées par les réactionnaires islamistes. Les cheminots de la région de Tunis ont observé une heure de grève ce 5 décembre. Le 6, ce sont quatre régions, Gafsa, Sidi Bousid, Kassenine et Sfax, qui sont en grève générale avec des taux de grévistes allant jusqu’à 95% comme à Gafsa. Une grève générale est prévue pour le 7 décembre dans la région de Gabès avant une grève nationale le 13 décembre.

Depuis la rive nord de la Méditerranée, nous, militantes et militants de l’Initiative Communiste-Ouvrière, partageons la colère et la rage de nos sœurs et frères de classe de Tunisie après l’agression perpétrée contre le siège de l’UGTT et de tout notre cœur nous affirmons notre entière solidarité avec les grèves générales, manifestations et autres protestations de la classe ouvrière tunisienne pour la liberté syndicale, la défense du droit de grève et de toutes les conquêtes de la révolution de 2011 face aux réactionnaires intégristes. Nous affirmons également tout notre soutien aux revendications des salariés et des chômeurs pour l’emploi et une vie décente, en particulier dans les régions les plus pauvres frappées par le chômage, la misère et l’absence d’infrastructures, aux luttes des femmes pour l’égalité et au combat de tous ceux et de toutes celles qui, en Tunisie comme partout dans le monde, se lèvent pour le pain et la liberté.

L’extrême-droite, qu’elle se drape, comme en France, sous les drapeaux du nationalisme xénophobe ou, comme en Tunisie, sous ceux de l’intégrisme religieux, représente, partout dans le monde un même poison mortel contre la classe ouvrière. Alors qu’en Europe aussi, les politiques d’austérité, le chômage et les licenciements frappent de plus en plus violemment la classe ouvrière, et que les brutes d’extrême-droite distillent leur haine et multiplient les agressions racistes, c’est bien le même combat que nous menons des deux côtés des rives de la Méditerranée.

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