Licencié pour deux biscuits, grève dans une base Intermarché

Charente Libre, 3 décembre 2012 :

« Ce chauffeur de nuit, rentrant d’une tournée de livraison avec son responsable direct, avait mangé deux biscuits pris dans un paquet abîmé destiné à la casse, et avait été dénoncé par le responsable », a expliqué le délégué CGT Pierre Fernandez.

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Les salariés de la base logistique Intermarché, qui emploie 250 salariés à Bressols (Tarn-et-Garonne), ont bloqué tous les camions vendredi contre le licenciement d’un collègue qui avait mangé des biscuits destinés à « la casse », a-t-on appris ce lundi auprès du syndicat CGT.

A défaut d’obtenir la réintégration de cet homme de 49 ans, ayant trente ans d’ancienneté, le mouvement de grève a permis d’arracher une indemnité de 20.000 euros pour le salarié, licencié « pour faute grave » le 24 novembre sans préavis ni indemnité.

Cet homme a accepté de signer cette « transaction », renonçant du même coup à un recours devant les prud’hommes.

« Ce chauffeur de nuit, rentrant d’une tournée de livraison avec son responsable direct, avait mangé deux biscuits pris dans un paquet abîmé destiné à la casse, et avait été dénoncé par le responsable », a expliqué à l’AFP le délégué CGT Pierre Fernandez.

« Pour le licencier, on a ajouté à cette faute un refus d’accomplir une autre tâche prévue dans son contrat, alors que la demande ne lui était même pas parvenue », a ajouté le délégué syndical.

« Tout axer sur le biscuit c’est un raccourci, il y avait un ensemble d’éléments justifiant le licenciement », a indiqué le directeur de l’établissement, Guillaume de Vernon, en refusant de « s’étaler davantage sur le sujet ».

« Les règles sont parfaitement connues, la consommation de marchandises de l’entrepôt, quelles qu’elles soient, est interdite », a toutefois ajouté le directeur.

Selon lui « ce vol est une pratique trop répandue, il y a eu plusieurs cas ces derniers temps, et nous appliquons le règlement intérieur ».

Le syndicat « n’exigeait pas l’abandon de toute sanction » a déclaré Pierre Fernandez, mais il estime la mesure « disproportionnée ».

« On préfère que vous écrasiez un paquet de gâteau plutôt que le manger, c’est faramineux ce qu’on doit jeter, cela me dérange qu’il y ait une volonté de ne rien nous donner », a-t-il ajouté.

A l’entrepôt de Bressols, spécialisé dans les produits « secs » (conserves, gâteaux, boissons) les paquets abîmés sont destinés à être reconditionnés ou jetés, et certains vont à la Banque alimentaire, selon le délégué syndical.

Le groupe Intermarché réorganise actuellement le fonctionnement de tous ses entrepôts et en informe actuellement tous les Comités d’établisseement.

En Midi-Pyrénées, la base de produits frais de Lectoure (Gers) sera fermée en 2014 et ses salariés invités à rejoindre un prestataire extérieur, à quelques kilomètres de Bressols tout près de Montauban.

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