Nouvelle manifestation à Siliana en Tunisie.

SILIANA, Tunisie (Reuters) – Des heurts ont à nouveau opposé plusieurs milliers de manifestants antigouvernementaux aux forces de l’ordre samedi à Siliana, ville de Tunisie théâtre de violences depuis cinq jours.

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Des unités de la garde nationale, qui dépend du ministère de l’Intérieur, ont effectué des tirs de sommation à balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les protestataires dont le nombre était estimé à 3.000 environ.

« Siliana, tu seras le cimetière du parti Ennahda (ndlr, la formation islamiste au pouvoir) », scandaient les manifestants qui ont lancé des pierres en direction des forces de l’ordre.

Cette flambée de violence traduit la colère grandissante d’une partie de la jeunesse tunisienne qui reproche au gouvernement soutenu par les islamistes modérés d’Ennahda de ne pas avoir réussi à relancer l’économie du pays deux ans après la première révolution du « Printemps arabe ».

A Tunis, plusieurs centaines de militants laïcs se sont réunis samedi devant le ministère de l’Intérieur pour exiger la fin des violences à Siliana et la démission du ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh.

Vendredi, devant l’Assemblée nationale constituante, Ali Larayedh a accusé des forces politiques d’avoir « amplifié les incidents et d’en avoir tiré profit », rapporte l’agence de presse TAP. Il a également évoqué une « instrumentalisation médiatique et partisane des incidents ».

Le président Moncef Marzouki a demandé vendredi soir dans une intervention télévisée à son Premier ministre Hamadi Jebali de nommer un nouveau gouvernement en réponse aux manifestations.

« Il faut changer le gouvernement pour avoir un cabinet compétent de technocrates et non un (cabinet) issu des partis politiques », a-t-il déclaré dans un discours retransmis à la télévision publique. « Si les affrontements continuent et que la réponse du gouvernement n’est pas adéquate, il y aura le chaos et une impasse. » Aucun remaniement gouvernemental n’a été annoncé, mais un gouverneur provisoire a été désigné à Siliana pour gérer les affaires courantes en attendant une « décision définitive » sur le sort de l’actuel gouverneur visé par de nombreuses critiques, indique un communiqué diffusé par l’agence de presse TAP.

Située à 120 km au sud-ouest de Tunis, Siliana se trouve dans une région enclavée et défavorisée qui s’était embrasée lors du soulèvement de décembre 2010 à l’origine de la chute du président Zine ben Ali.

TAP a annoncé la formation d’une commission d’enquête indépendante sur les récentes violences.

Des heurts ont également été signalés dans la localité voisine de Bargou où des jeunes ont attaqué trois véhicules de police. L’agence TAP avance un bilan d’une vingtaine de blessés.

Le Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Navy Pillay, a appelé vendredi les autorités tunisiennes à cesser l’usage des armes à feu contre les manifestants.

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