Singapour : Quatre travailleurs menacés de prison pour grève

RTBF, 30 novembre 2012 :

A Singapour est une cité-état très densément peuplée entre la Malaisie et l’Indonésie, où les mouvements sociaux y sont tout simplement interdits. Quatre chauffeurs de bus ont été arrêtés ce matin. Ils sont accusés de grève illégale et risquent un an de prison.

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Le débrayage a frappé la cité-état en début de semaine. 171 employés de la société de transport public ont abandonné leur volant et leurs navetteurs. Chez nous on appelle ça une grève, mais à Singapour, ce genre de mouvement d’humeur est inimaginable. A tel point que les médias ont eu toutes les peines du monde à nommer l’évènement. Le mot grève est presque lui-même banni.

Sur Internet, les blogs et les réseaux sociaux se sont régalés en proposant des synonymes. « Service indisponible pour cause d’évènement interne à l’entreprise »… « Pause café prolongée »… Ou encore « journée de cohésion ».

Blague à part, cette grève – parce que c’est bien de cela qu’on parle – voulait attirer l’attention sur les discriminations qui existent dans le secteur. Un chauffeur d’origine chinoise gagnant l’équivalent de 400 dollars de moins qu’un chauffeur malais. Les protestataires demandaient aussi de meilleures conditions de logement. Résultats, les quatre chauffeurs accusés d’être les instigateurs de l’affaire risquent une lourde sanction.

Les critiques des habitants de Singapour sont elles partagées… Entre appels à l’expulsion de tous les travailleurs chinois qui ont participé à la grève et la dénonciation de l’exploitation de la main d’œuvre. Qu’en est-il des revendications des grévistes ? Leur salaire ne va pas augmenter d’un sou, par contre, très gênée par le remous que cette histoire a créé, l’entreprise de transport en commun a promis de revoir les logements des chauffeurs, de laver et de réparer les dortoirs où ils dorment entassés. Cette histoire aura au moins le mérite de faire parler de ces travailleurs étrangers à Singapour. Ceux qui viennent de loin pour faire fonctionner cette bouillonnante cité-état.

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