Une laborantine se suicide en se jetant par la fenêtre de son hôpital

Employée dans un grand hôpital de Lyon depuis de nombreuses années, elle travaillait dans un service en restructuration. Les syndicats estiment qu'il y a un lien entre son geste et ses conditions de travail.

Employée dans un grand hôpital de Lyon depuis de nombreuses années, elle travaillait dans un service en restructuration. Les syndicats estiment qu’il y a un lien entre son geste et ses conditions de travail.

Une laborantine d’un grand hôpital de Lyon, dont le service est en restructuration, s’est donnée la mort en se défenestrant lundi sur son lieu de travail, a-t-on appris auprès des syndicats et de la direction. Cette femme de 44 ans, mère de deux enfants, s’est jetée par une fenêtre d’un bureau du 5ème étage de l’hôpital de la Croix-Rousse, peu après sa prise de service.

Vers 8H30, une de ses collègues l’a découverte grièvement blessée en bas de l’immeuble. Elle décédait près de deux heures plus tard aux urgences de l’hôpital, a précisé la directrice adjointe de l’hôpital, Jacqueline Barthélémy-Bougault. «A priori, elle n’a laissé aucune lettre» pour expliquer son geste, a-t-elle dit. Elle s’est par ailleurs refusée à évoquer d’éventuels problèmes familiaux, soulignant qu’«une enquête de police était en cours».

«C’est un choc pour le personnel et pour la direction», a souligné Mme Barthélémy-Bougault, qui s’est rendue dans le service. «On est dans la compassion et on observe une grande vigilance et une grande présence vis-à-vis des personnels», a-t-elle ajouté.

Cette technicienne, à ce poste depuis «de nombreuses années», travaillait au laboratoire d’exploration fonctionnelle endocrinienne et métabolique, une activité qui devait être transférée le 15 décembre au laboratoire des Hôpitaux Est de Lyon.

Pour les syndicats CGT et Sud, «le suicide sur le lieu de travail est le dernier message d’une collègue desespérée qui se trouve devant un obstacle insurmontable pour elle».

Selon la CGT, elle travaillait «depuis plus de vingt ans» au sein d’une «équipe très soudée» de cinq personnes. «Elle n’avait toujours aucune réponse, à trois semaines du changement, sur ce qu’elle allait devenir» et «n’a pas supporté l’incertitude, les fausses promesses, le changement brutal et imposé», a-t-elle estimé. Selon Mme Barthélémy-Bougault, «lorsqu’un service est relocalisé, chaque personne rencontre un conseiller des conditions de travail et peut émettre trois voeux. Et l’institution essaie au maximum de répondre à l’un d’eux».

A la demande des syndicats, la direction a convoqué un CHSCT extraordinaire pour jeudi pour, selon les syndicats, «mettre en place les mesures préventives pour qu’il n’y ait plus jamais de tels gestes».

(AFP)

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