Cattenom : grève très suivie à la centrale nucléaire

Le Républicain Lorrain, 20 novembre 2012 :

La grève lancée hier à la centrale nucléaire de Cattenom serait suivie à 90 %, selon la CGT qui a initié ce mouvement pour une durée indéterminée.

L a direction ne communique pas sur ce mouvement pour lequel des négociations sont en cours » : eh bien, voilà qui permet à la CGT d’avoir seule la parole et de donner ses chiffres. Soit un plein succès pour la grève, lancée hier matin, à la centrale nucléaire de Cattenom, avec 100 % de grévistes (hors cadres) pour les services continus, qu’il s’agisse des postes du matin ou de l’après-midi. Avec, en conséquence, une baisse de charge sur la tranche 4 – la seule manœuvrable actuellement – d’environ 400 mégawatts. « Elle a été baissée au minimum, résume Roland Fayer, délégué CGT, mais il faut souligner que les agents de conduite, même grévistes, restent sur leur poste de travail pour des raisons de sécurité. »

La sécurité, c’est bien cela le cœur du conflit débuté par une assemblée générale du personnel le 14 novembre dernier. Une réunion durant laquelle la centaine d’agents a exprimé sa souffrance au travail, face à des cadences accrues et de nouvelles exigences managériales. C’est un cas particulier qui a été le déclencheur, en l’occurrence une erreur, et un salarié sanctionné par son chef de service de manière « unilatérale ». Or, « l’opérateur n’est pas seul en salle de commande », rappelle Roland Fayer, conforté par Christiane Dubief, également déléguée cégétiste : « Ils font porter le chapeau à une seule personne, or le manager a décidé seul de la sanction, sans procédure normale. Et ça va de mal en pis, les agents viennent bosser avec la hantise le matin. »

Au-delà de demander « l’interdiction de toutes les décisions unilatérales managériales, démesurées et néfastes aux salariés », la CGT plaide pour une réelle gestion des compétences et des emplois. « On commence à faire l’écart entre ce qui est prescrit et la manière dont le travail est réellement fait, reprend Roland Fayer, aujourd’hui, la durée cible d’un arrêt de tranche, c’est 26 jours. Il y a 2 ou 3 ans, c’était 31 jours et encore avant, 35 jours. » Toujours plus vite et avec qui ? « On a besoin de transmettre nos compétences parce qu’une vague de départs à la retraite arrive. » Le syndicat exige des pépinières pour former les jeunes embauchés, dans tous les services. Pour l’heure, il n’a obtenu que la réintégration de l’agent sanctionné. « Un saut de puce pour dégonfler le conflit » sans prendre en compte le fond des revendications, estime la CGT qui, pour l’heure, poursuit le mouvement.

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