Les salariés de Porgès à Sarlat (24) en grève pour les salaires

Sud-Ouest, 6 novembre 2012 :

Réclamant une revalorisation salariale, les employés ont effectué ce lundi une opération de blocage qui pourrait durer.

Des salariés de Porgès qui manifestent pour obtenir une revalorisation salariale, cela ne vous rappelle rien ?

Lundi matin, on se croyait revenu trois ans en arrière. Dans la cour du site de production situé au Pontet, près de 70 salariés ont cessé leur activité à 10 heures en espérant que le directeur des opérations, Hervé Pérez, accepte de recevoir une délégation du personnel.

Une heure plus tard, à part la presse et les gendarmes qui viennent surveiller « au cas où on casserait quelque chose », sourit jaune le délégué CGT François Vary, aucune nouvelle en provenance du patron.

« Il y a également 25 personnes qui débraient au même moment sur le site de Madrazès, spécialisé dans le conditionnement, continue Francois Vary. On nous accorde seulement 1,6 % en augmentation générale alors que l’indice Insee s’élève à 1,9 %. Et ce n’est pas comme si la société ne faisait pas de bénéfices… On devrait approcher les 10 millions d’euros comme l’an dernier. »

Car Porgès, société vieille de 120 ans, considérée au même titre que Rougié ou France-Tabac comme une institution locale, produit plusieurs millions de sondes par an, utilisées en urologie et essentiellement distribuées en Europe. Porgès appartient au groupe danois Coloplast depuis 2006, également implanté aux États-Unis, le n°1 mondial dans ce secteur d’activité.

« Le problème, c’est que le décideur, Stephen Howards, se trouve là-bas. Et avec le décalage horaire, ça n’aide pas », regrette le délégué syndical. Peu après midi, les manifestants ont décidé de bloquer l’entrée aux camions. « On commence par le dur, ça durera jusqu’à ce qu’on nous entende », a prévenu François Vary.

Aussitôt, Hervé Pérez a fait venir un huissier pour faire constater la situation. « Je regrette que cela se passe comme ça, a-t-il déclaré dans l’après-midi. Je ne comprends pas leurs revendications, ni ces chiffres. L’augmentation totale est de 2 % : elle comprend une augmentation générale de 1,2 %, une augmentation individuelle de 0,6 % et une autre d’une moyenne de 0,2 % au titre de l’ancienneté. Franchement, nos salariés ne sont pas à plaindre, surtout vu le contexte économique. » Le directeur pense à certains hôpitaux italiens et grecs qui sont dans l’incapacité de payer leurs factures, et à une croissance en baisse « passant de 7,7 à 5,4 % ». Pas sûr que ça suffise à lever le blocage.

En 2009, un dirigeant danois avait loué une salle de l’aéroport de Limoges pour rencontrer une quinzaine de salariés qui avaient obtenu une augmentation de 45 euros sur les 50 demandés initialement. « Là, on veut un talon de 100 euros mensuels », conclut François Vary.

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