La CGT de Faurecia veut faire annuler le plan social de PSA

Mediapart, 31 ocotobre 2012 :

Une délégation de salariés de l’équipementier automobile Faurecia du site d’Auchel, dans le Pas-de-Calais, s’invite ce mercredi 31 octobre à la sortie de l’usine PSA d’Aulnay-sousBois en Seine-Saint-Denis. Elle veut informer ses camarades de l’existence d’un nouveau rapport d’experts, celui du cabinet Alter, mandaté par la CGT Faurecia, sur la situation financière du groupe PSA, dont Mediapart s’est procuré une copie. « Il démontre qu’il n’existe aucune justification économique valable aux fermetures d’usines et aux milliers de licenciements prévus par la direction, sinon engranger plus de bénéfices », martèle Thérèse Lecocq, la déléguée syndicale centrale CGT du site d’Auchel.

Il ressort de ce rapport que le groupe PSA-Peugeot-Citröen, malgré un contexte de dégradation du marché européen, a réalisé ces dernières années de vraies performances financières. Avec un chiffre d’affaires record de 59,9 milliards d’euros en 2011 soit une hausse de 24 % par rapport au point bas de 2009 (48,4 milliards d’euros) au plus fort de la crise économique, un résultat net cumulé bénéficiaire de 1,1 milliard d’euros entre 2007 et 2011 et une distribution aux actionnaires d’un milliard d’euros de dividendes ces cinq dernières années, le groupe résiste même plutôt bien, selon l’expert. Le rapport note également l’environnement favorable dont bénéficie l’industriel : une croissance régulière
du nombre de véhicules vendus et le lancement de modèles innovants.

Ce sont autant d’éléments qui tranchent avec « la dramatisation médiatique de la situation de PSA au bord de la faillite », assurent les syndicats CGT de Faurecia, filiale à 57,4 % du constructeur français. « L’examen objectif de l’état de santé financier du groupe et du marché automobile que nous avons mené se révèle bien moins alarmant. Entre la réalité des chiffres et la sinistrose ambiante, il y a un fossé », note Florent Perraudin, l’expertcomptable, auteur du rapport. Il vient contredire le rapport Sartorius du gouvernement, rendu en septembre. S’il critiquait le plan social de PSA Peugeot Citroën, le manque de dialogue des dirigeants et leurs erreurs stratégiques, ce dernier jugeait inévitable une
restructuration à grande échelle.

«Comme si Bettencourt n’avait de lien avec L’Oréal que sur le nombre de
shampoings qu’elle utilise!»

Les syndicats CGT de plusieurs sites Faurecia comptent faire de ce rapport une arme supplémentaire dans leur combat judiciaire pour suspendre le plan social de PSA. Pour eux, il n’y a aucun doute : la restructuration engagée par PSA aura un impact majeur sur sa filiale Faurecia, l’un de ses principaux fournisseurs. Ce que les directions de PSA et Faurecia réfutent, faisant valoir que PSA ne représente que 15 % du chiffre d’affaires de Faurecia au niveau mondial.

Le premier round juridique a eu lieu en juillet, au lendemain de l’annonce choc du groupe de supprimer 8 000 postes en France, de sacrifier le site d’Aulnay et de réduire la voilure à Rennes. Les organisations syndicales avaient assigné en référé le constructeur automobile en arguant que la direction n’avait pas rempli ses obligations d’information à l’égard des instances représentatives du personnel de Faurecia, notamment son comité d’entreprise européen, lors de la présentation de son plan de restructuration, passant « sous silence » les conséquences « inévitables » du plan pour l’équipementier.

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