Berlin : Demandeurs d’asile en grève de la faim

Nord Littoral, 1 novembre 2012 :

Affrontant le froid et la pluie, des demandeurs d’asile sont en grève de la faim depuis une semaine à la Porte de Brandebourg, à Berlin, pour protester contre des conditions de séjour qu’ils jugent inhumaines en Allemagne.

Enveloppé dans un épais blouson recouvert de plastique pour se protéger d’un crachin glacial, Houmer Hedayatzadeh, qui se présente comme un étudiant iranien de 23 ans pourchassé dans son pays, ne se nourrit plus depuis mercredi dernier et se contente d’un peu d’eau et de thé.

Avec une dizaine d’autres réfugiés venus comme lui d’Iran, d’Afghanistan et d’Irak, il a entamé une grève de la faim « pour protester contre la situation des réfugiés en Allemagne et pour l’arrêt des renvois dans leurs pays », explique-t-il.

Le petit groupe de protestataires est installé à la Porte de Brandebourg, monument symbole de l’Allemagne où se pressent touristes, faux soldats américains posant pour les photos souvenirs et statues humaines.

Ils sont assis ou allongés à même le pavé froid et humide, des parapluies les protègent un peu mais les quelques policiers qui les surveillent empêchent l’installation de matelas ou même de sacs de couchage. Un homme venu leur apporter des tapis de sol en signe de solidarité se fait fermement renvoyer par la police. Quelques invectives et injures volent. « Il n’y a pas eu d’autorisation pour une manifestation permanente », explique un porte-parole de la police. « C’est pour cette raison qu’un campement ne peut être dressé ». Trois personnes ont été provisoirement interpellées mardi soir pour avoir tenté d’enfreindre l’interdiction.

« Nous ne sommes pas autorisés à déployer des couvertures chaudes pour nous protéger du froid. Avec des températures qui peuvent commencer à être négatives la nuit, la situation peut difficilement être pire », poursuit Houmer Hedayatzadeh, un couvre-chef en fourrure grise enfoncé jusqu’aux yeux.

Les réfugiés ont néanmoins étalé quelques banderoles. « Aucun homme n’est illégal », « Réfugiés en grève de la faim », « Fermez les camps de réfugiés », y lit-on en lettres roses ou noires. Tous dénoncent les conditions d’accueil des demandeurs d’asile, notamment l’assignation à résidence durant l’examen de leur dossier. Beaucoup dénoncent des foyers d’accueil bondés. A Berlin, les autorités locales, débordées, évoquent « une augmentation énorme ». Il est envisagé l’installation de conteneurs pour répondre temporairement à l’urgence.

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