Sarthe : Les salariés de Belipa, à Ecommoy, n’espèrent plus de repreneur

Ouest-France, 30 octobre 2012 :

L’usine Belipa d’Écommoy (Sarthe) était en grève, lundi, alors que son son avenir se décide, ce mardi matin, au tribunal de commerce du Mans.

Lundi, dès 4 h du matin, les salariés de Belipa ont débrayé et installé un piquet de grève devant l’usine. Un baroud d’honneur avant la possible liquidation judiciaire qui sera examinée ce matin, lors d’une audience du tribunal de commerce du Mans. C’est aussi la première grève que connaît l’entreprise écomméenne depuis qu’elle a été placée en redressement judiciaire, en avril 2011. 118 salariés pourraient être licenciés.

« S’il y a un repreneur, tant mieux. Pendant les 18 mois de redressement judiciaire, il y a bien eu des approches avec des visites du site. Douze dossiers ont été déposés, sans aucune réponse positive, souligne Thierry Lenoir, délégué du personnel. Le projet de continuité présenté par le groupe Mecaseat (le propriétaire de Belipa, NDLR), n’est plus viable aujourd’hui avec la crise. »

« On n’est pas bien, on s’attend à être licenciés et à une fermeture totale », confirme un salarié de 52 ans, dont 16 passés à Belipa.

« Partir la tête haute »

« On veut partir la tête haute et obtenir quelque chose quant à la prime de licenciement, dit Patrice, 53 ans, l’un des plus anciens ouvriers de l’entreprise, résumant l’état d’esprit dans l’entreprise. Ils nous parlent de millions, alors que 1 000 euros, c’est déjà beaucoup pour nous. » Mais là encore, le pessimisme est de mise : « Il ne restera pas grand-chose pour nous, une fois que les créanciers de Belipa seront remboursés », estime Thierry Lenoir. Ce dernier gardait pourtant espoir il y a 6 mois, « comme il y avait encore des commandes et une trésorerie. »

Selon le délégué du personnel, les difficultés de Belipa sont survenues à cause de la hausse du prix des matières premières, mais aussi à cause de décisions prises par la direction : « En 2007, Belipa a lâché 107 petits négociants. C’est peut-être eux qui pourraient nous faire vivre aujourd’hui. Belipa a voulu se recentrer sur quatre gros clients : Brico Dépôt, Conforama, Lapeyre, Leroy Merlin. Pour tenir, on doit leur vendre de grands volumes ; alors qu’avec la crise, les gens n’achètent plus de cuisine. »

« On connaît déjà la réponse »

Belipa fournit à ces quatre clients des « pré-kits » de cuisine et de salle de bains, c’est-à-dire des caissons prêts à monter. Thierry Lenoir pointe aussi l’abandon de la fabrication de panneaux de particules (l’aggloméré), en 2010. L’arrêt de cette activité avait conduit à un premier plan de sauvegarde de l’emploi, qui a été conduit sans aucun licenciement sec.

Venu à la rencontre des grévistes, le maire d’Écommoy, Sébastien Gouihier, juge lui aussi que « l’arrêt des panneaux de particules, en 2010, était une erreur. Belipa est un symbole de la crise actuelle, mais l’hémorragie s’arrêtera, comme il n’y a pas ici d’entreprises dépendantes de Belipa. » L’élu pense toutefois que le site, situé près de l’autoroute Le Mans-Tours, trouvera preneur.

Les 118 salariés se rendront ce matin au tribunal de commerce pour entendre la décision. Le conseiller général d’Écommoy, Bruno Lecomte, viendra d’ailleurs les soutenir. « On connaît déjà la réponse », affirme Sylvie, embauchée à Belipa, il y a deux ans et demi.

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