Cummins, Père Dodu, Alkopharm : l’emploi menacé à Quimper

Ma Ville, 29 octobre 2012 :

Trois entreprises historiques traversent des temps difficiles. Les raisons sont diverses. Mais les menaces sur l’emploi, réelles.

Cummins filtration : une stratégie mondiale qui inquiète

Depuis 2009, et un rude conflit social, les syndicats de Cummins filtration (ex-Fleetguard) s’expriment rarement. Il y a une semaine, CGT et CFDT sont sorties de leur silence pour dire leur inquiétude. Le groupe américain, spécialisé dans la fabrication de moteurs, a annoncé 1 500 suppressions d’emploi (sur 44 000) au niveau mondial. Une décision prise « pour anticiper les difficultés ».

Par le passé, des annonces similaires n’ont pas été systématiquement suivies d’effets à Quimper, la première usine bâtie à l’étranger par le géant américain. C’était en 1981.

Excepté en 2009, justement, lorsque le groupe avait annoncé, depuis son siège social de Colombus (Indiana), 600 suppressions de postes. Cela s’est traduit par 62 licenciements à Quimper.

Que va-t-il se passer aujourd’hui ? L’inquiétude des salariés se base sur un constat : baisse de l’activité localement et montée en puissance d’une usine en Turquie.

• Fleetguard en 2002 : 480 salariés. Cummins aujourd’hui : 370 environ.

Alkopharm-Alkochym : tension sociale et incertitudes

Loin de l’univers du motoriste Cummins, Alkopharm et Alkochym évoluent dans le monde très réglementé de la pharmacie.

Ces sociétés ont pourtant un point commun, elles sont nées dans les années 80, lorsque la Datar encourageait l’implantation d’usines au titre de l’aménagement du territoire. A l’époque (1983), le laboratoire pharmaceutique s’appelle Girex-Mazal (groupe Negma). Revendu à l’Indien Wockhardt en 2007, Girex subit le déremboursement de ses médicaments vedettes. Et comme le développement de nouveaux médicaments n’a pas été assuré…

L’aventure indienne sera de courte durée. Elle débouche sur un redressement judiciaire. La reprise de l’activité par Genopharm, en juin 2011, est porteuse d’espoir malgré de nouvelles pertes d’emplois.

Hélas… En décembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament met en cause Genopharm. L’usine de Quimper n’est pas concernée par la suspension des autorisations d’activités de deux établissements Alkopharm.

Mais, depuis, l’investissement est en panne (affirmation contestée par les dirigeants) et le dialogue social est très tendu. Les prud’hommes sont saisis par la CFDT. Plus préoccupant encore, un projet de 22 licenciements a été présenté en juillet.

• Girex-Mazal en 2002 : 250 salariés. Alkopharm-Alkochym aujourd’hui : 91 salariés.

Doux-Père Dodu : la crise, jusqu’où ?

Dans la tourmente qui frappe le groupe Doux (dont le pôle frais a été liquidé), l’usine Père Dodu de Quimper a jusqu’ici évité le pire.

Implantée depuis 1991, l’unité est spécialisée dans les produits élaborés à base de poulet (saucisses, escalopes…). Le transfert de 30 postes vers d’autres sites a été annoncé. On ne connaît pas les conditions matérielles de ces transferts.

Lundi dernier, les syndicats ont soulevé ce point. Sans obtenir, pour le moment, de réponse de la direction.

• Père Dodu Quimper en 2002, 450 salariés environ. Aujourd’hui, 230 salariés.

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