Québec : Mobilisation contre le saccage de l’assurance-chômage

Courrier Frontenac, 27 octobre 2012 :

Manifestation nationale à Thetford Mines

Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) organisait une manifestation provinciale ce samedi 27 octobre pour protester contre la réforme de l’assurance-emploi imposée par le gouvernement fédéral.

Rappelons que la réforme de l’assurance-emploi fait partie de la Loi C-38 sur la mise en œuvre du budget qui vise la modification en bloc de 60 lois fédérales. La réforme divise les chômeurs en fonction du nombre de demandes de chômage effectuées sur une période de 5 ans ainsi que du nombre de semaines de chômage réclamées par année.

Pas un luxe

Selon les opposants à cette réforme, le gouvernement fédéral opère une catégorisation entre les bons chômeurs, les mauvais chômeurs et, entre ceux-ci, les chômeurs tout court. « Une assurance ce n’est pas un luxe, c’est quelque chose sur lequel on peut se fier. Ça sert à dépanner! Il faut injecter de l’argent dans le pays, mais on est en train d’en enlever. C’est les travailleurs qui vont en souffrir, surtout que c’est notre argent qui finance le programme », s’est indigné Claude Patry, député néo-démocrate dans Jonquière-Alma.

La manifestation était soutenue par les grandes centrales syndicales (CSQ, CSD, SFPQ, CSQ, FTQ), qui sont offusquées des nouvelles contraintes et conditions d’éligibilité imposées par le gouvernement fédéral. Pour ces centrales, les mesures qui sont entrées en vigueur instaurent un clivage entre les prestataires d’assurance-emploi sur la base d’une discrimination jugée injuste pas plusieurs. « Les conservateurs ne comprennent pas les petits salariés et les travailleurs saisonniers. Ils s’en moquent tout simplement. Plusieurs industries seront touchées, par exemple le tourisme qui est un moteur de développement si important pour les régions! », s’est exclamée Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.

Victimes sans le vouloir

Environ 2 000 manifestants de tous âges et d’un peu partout au Québec se sont donné rendez-vous dans le stationnement du Centre Service Canada sur le boulevard Frontenac, afin d’entreprendre une marche jusqu’au bureau de comté de Christian Paradis. « Je suis heureux de voir que cette cause mobilise beaucoup de personnes et de groupes. La réforme touchera tous les travailleurs saisonniers. Ici dans le comté de M. Paradis, les employés de plusieurs entreprises sont concernés, par exemple ceux de Béton Chevalier et de Princecraft n’ont peu ou pas de travail pendant l’hiver », a souligné Daniel Paillé, chef du Bloc Québécois.

Le contingent n’était pas seulement composé de chômeurs, il comptait surtout des militants solidaires du sort des petits salariés et des travailleurs saisonniers. « Je suis venue manifester aujourd’hui, car j’ai moi-même déjà été travailleuse saisonnière dans le domaine de la construction. Les emplois saisonniers ne sont pas moins importants que les autres, au contraire. Mais les gens qui les choisissent sont pénalisés. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas travailler, mais ils sont désormais victimes de leurs choix professionnels », a partagé Josée Pomerleau, résidente de Thetford Mines.

De partout au Québec

Une trentaine d’autocars assuraient le transport des manifestants provenant de l’extérieur de la région. Certains protestataires s’étaient déplacés de Victoriaville, de Trois-Rivières, du Lac-Saint-Jean et même de Forestville sur la Côte-Nord. « Le mouvement de protestation contre la réforme de l’assurance-emploi a été initié dans les Maritimes. La vague vient de l’est du pays et elle est maintenant arrivée au Québec. Faisons en sorte qu’elle déferle sur le reste du pays! », s’est écrié Jacques Beaudoin, membre du comité de coordination du MASSE.

La manifestation, désignée par la devise « Non au saccage de l’assurance-chômage », s’est déroulée sous le signe du respect et du pacifisme, malgré les nombreux slogans scandés pour dénoncer la décision du gouvernement conservateur. Une bonne partie de la route 112 a été paralysée pendant environ une heure pour permettre au contingent long de quelques centaines de mètres de se déplacer de façon sécuritaire.

Selon Sébastien Jalbert, président du Syndicat de l’enseignement des Appalaches, la nouvelle politique du gouvernement fédéral fera certainement des ravages dans le monde de l’enseignement : « Les enseignants qui ne sont pas permanents et qui ont un statut précaire entrent dans la catégorie des travailleurs saisonniers. Au total, près de 250 enseignants de la région risquent d’être touchés. Plusieurs d’entre eux devront accepter des emplois qui ne les intéressent pas, qui ne font pas appel à leurs compétences et qui sont peu rémunérés », a-t-il affirmé.

Notons par ailleurs que la réforme de l’assurance-emploi causera inévitablement du tort à une frange particulière de la population : les travailleurs qui désirent retourner sur les bancs d’école pour recevoir une formation professionnelle et se perfectionner. « Ces gens verront leur accès à l’assurance-emploi diminuer, pour ne pas dire disparaître. C’est déplorable, car ça nous empêche de progresser », a affirmé Roger Valcourt, résident de Saguenay.

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