Echos de la grève chez Ikéa

AFP, 27 octobre 2012 :

Plusieurs magasins du géant suédois de l’ameublement Ikea ont vu leur fonctionnement perturbé samedi par un mouvement de grève de salariés qui dénoncent la baisse de leur prime d’intéressement et la dégradation de leurs conditions de travail, a-t-on appris auprès de la direction et de syndicats.

Manifestation des salariés d’Ikéa sur la zone Atlantis à Saint-Herblain (banlieue de Nantes) le 27 octobre

« L’intégralité des magasins sont ouverts, mais quelques uns offrent des services restreints », a dit un porte-parole de la direction du groupe qui emploie environ 9.000 personnes en France.

C’était notamment le cas à Thiais (Val-de-Marne) ou Plaisir (Yvelines), deux des magasins déjà affectés le samedi précédent par une grève.

Les salariés se plaignent en particulier de la baisse de la prime d’intéressement en 2012 alors que le chiffre d’affaires est resté en hausse.

La direction souligne de son côté que, même en hausse de 3,2%, la progression du chiffre d’affaires a été divisée par deux par rapport à l’année précédente (+6,1%), preuve, selon elle, que le meuble est à son tour affecté par la crise économique, surtout au cours des derniers mois.

« L’entreprise est fière néanmoins de maintenir l’intéressement », a dit le porte-parole.

« Plus de 84 % des collaborateurs (employés 35H présents toute l’année sur l’exercice 2012) vont toucher en novembre 2012 un intéressement compris entre 600 et 800 euros », a affirmé la direction dans un communiqué.

Les débrayages touchaient samedi une partie des services des magasins: restaurant, service après-vente, transport etc., ont précisé la direction et une déléguée centrale CGT, Marylène Laure-Douilly.

A Plaisir, toute la partie exposition est restée fermée au public qui n’avait accès qu’au libre-service.

Ni la direction ni les syndicats n’étaient en mesure de donner un taux de grévistes sur l’ensemble des magasins, le mouvement n’ayant pas fait l’objet d’un appel national de l’intersyndicale, mais de décisions par magasin.

« Un mouvement national était compliqué à mettre en place », a déclaré le délégué central adjoint FO, Dominique Niconof.

Pour lui, la grogne des salariés d’Ikea devrait se poursuivre car « il y a des réductions massives d’effectifs et des heures travaillées sans que l’on récompense les efforts consentis ».

La CGT a déclaré pour sa part « attendre un retour de la direction » lors d’une réunion qui était planifiée de longue date pour mardi prochain, au cours de laquelle la direction s’est dite prête à parler de leurs revendications avec les organisations syndicales, notamment des conditions de travail.

Quelques échos des mobilisations dans différents magasins Ikéa :

Roques-sur-Garonne (31):

Pour la seconde fois en deux ans, les salariés du magasin Ikea de Roques-sur-Garonne sont appelés à la grève par leurs syndicats. Un mouvement national a démarré en septembre. Hier il y a eu des mouvements de grèves dans plusieurs magasins franciliens du géant suédois. Le mouvement s’amplifie et touchera le magasin de Roques aujourd’hui samedi. «À Roques, les conditions de travail sont devenues difficiles», explique Salvatore Rinoldo, délégué syndical CFDT. «Nous étions 420 salariés il y a cinq ans, pour un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros. Aujourd’hui le CA annuel est de 112 millions d’euros et nous sommes 360 personnes. Par ailleurs notre intéressement sur le chiffre d’affaires a baissé sans explication de 60 % sur deux mois». Les syndicats dénoncent la stratégie de la société. «Ils ouvrent de plus en plus de magasins mais les stocks ne suivent pas. Il manque du personnel et les clients se lassent». Hier nous n’avons pu joindre la direction, qui a organisé plusieurs réunions avec les salariés. (La Dépêche du Midi, 27 octobre)

Saint-Herblain (banlieue de Nantes, 44) :

À l’appel de trois organisations syndicales (CGT, FO et CFDT), un mouvement de grève se déroule aujourd’hui dans le magasin Ikea de la galerie Atlantis. À 10h, ce matin, près de 80 des 300 salariés étaient grévistes. L’enseigne reste ouverte : le personnel, posté à l’entrée extérieure de la galerie ne bloque pas l’entrée du magasin mais distribue des tracts explicatifs aux clients. « Nous voulons dénoncer la dégradation de nos conditions de travail, explique Xavier Merrot, délégué syndical CFTC. Une grande partie des CDD ont été arrêtés au mois de septembre et nous sommes, notamment au niveau des ventes, en sous-effectif. À l’ouverture du magasin, nous étions 450 salariés, aujourd’hui nous ne sommes plus que 300. Les clients le ressentent …» (Presse Océan, 27 octobre)

Saint-Martin d’Hères (Banlieue de Grenoble, 38)

Les salariés d’ IKEA ont manifesté ce 27 octobre dans l’après-midi devant le magasin à Saint-Martin d’Hères.. Ils ont distribué des tracts et expliqué les motifs de leur colère aux clients .

Ils se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail dans ce magasin qui l’un des plus grands établissements du groupe Suédois dans la région.

Ils dénoncent notamment des problèmes de sous- effectif, des plannings extravagants et la pénibilité de leur travail.

Ils réclament également l’ouverture de négociations au sujet de la prime d’intéressement qui leur avait été annoncée, inférieure à ce qu’ils espéraient. (France 3 Alpes, 27 octobre 2012)

Tourville-la-Rivière (76) :

Des salariés du magasin d’ameublement suédois se sont mis en grève comme d’autres en France. Ils demandent que leur prime d’intéressement suive le chiffre d’affaires d’Ikea. Ils déplorent aussi la dégradation du travail.

Des salariés qui avouent pleurer sur leur lieu de travail, disent être mis sous pression, et réclament plus de considération. Notre équipe de reportage a rencontré les grévistes ce samedi à Tourville-la-Rivière.

Plusieurs syndicats avaient décidé de suivre le mouvement national. Le montant de la prime d’interessement qui doit être versée en novembre est l’un des motifs de la grève. Selon l’agence France Presse, citant la direction, le chiffre d’affaire du groupe suédois est bien en hausse de 3,2% mais il a chuté de moitié en un an à cause de la crise.

A Tourville, certains évènements récents ont dégradé l’ambiance de travail. Le magasin serait concerné par l’information judiciaire ouverte par le parquet de Versailles dans une affaire de surveillance illégale de salariés. Une ancienne chef de rayon a déclaré avoir été licenciée pour avoir refusé ces pratiques présumées. (France 3 Normandie, 27 octobre)

Vitrolles (13) :

Depuis ce matin 7h30, une trentaine de salariés d’Ikea Vitrolles sont en grève. Ils sont mobilisés, à l’appel de la CFDT, devant l’entrée du magasin, et distribuent des tracts à tous les visiteurs.

Ils revendiquent notamment une prime d’intéressement et la titularisation des personnes en situation précaire (CDD, temps partiel…).
Ils viennent de rencontrer le directeur du magasin, et vont décider de la suite à donner à leur mouvement.

A Marseille, des employés de la Valentine se sont aussi mis en grève. (La Provence, 27 octobre)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s