Tous ensemble pour la défense des emplois

Edito de « Bonnes Nouvelles », bulletin de la CGT de l’usine Ford Blanquefort :

Peut-on avoir confiance en Ford ? Son lourd passif à FAI tendrait à démontrer que non. Mais où en est la crédibilité de Ford dans ces engagements ailleurs ? Cette semaine, une réponse nous vient de Genk et elle est accablante ! Au point que des syndicalistes constatent et déclarent là-bas que « Ford n’est pas un partenaire digne de confiance.»

Éclairage : Ford a annoncé mercredi 24 octobre la fermeture d’ici fin 2014 de son usine belge de Genk. 4300 emplois directs supprimés soit plus de 10 000 dans la Région avec les indirects.

Un véritable « saccage » social. Les dirigeants de Ford Europe n’ont même pas assisté à la réunion extraordinaire du CE annonçant la sentence, laissant la direction de l’usine lire une simple déclaration. Méthode encore plus douteuse
et peu courageuse lorsqu’on découvre que Ford a attendu que les salariés subissent au même moment une période de trois semaines de chômage partiel pour dévoiler son plan !

Pourtant, il y a quelques temps encore, le nouveau vice-président de Ford Europe, Jeff Wood, avait confirmé son engagement de maintenir jusqu’en 2020 le volume de l’emploi sur le site. Cet engagement remonte à 2010 et n’était pas gratuit. En effet, après un chantage salarial et des promesses de futurs projets dont Ford a le secret, les salariés ont dû accepter une baisse de 12% des « coûts » salariaux ! Et comme à chaque fois, les finances publiques ont été largement
sollicitées. Le tout justifié par la concurrence étrangère et un baratin de capitalistes où le mot « compétitivité » vient conclure chacune de leurs phrases.

Les syndicats et salariés de l’usine ne sont pas les seuls à être écoeurés par la manoeuvre. Le gouvernement flamand qui n’apprécie visiblement pas d’avoir été entourloupé, le poussant à gaspiller 43,5 millions d’euros de finances publiques en vain, a qualifié la décision de Ford de « parjure » et rappelle dans la presse que « le constructeur automobile est revenu sur ses engagements formulés
en 2010 et sur les propos tenus aux syndicats en septembre ». Même l’ancien patron de Volvo Cars Gent trouve que la position de la direction européenne de Ford « confine à l’absence d’éthique ».

Le nouvel intérêt que portait récemment Ford à la « loyauté découlant des contrats de travail » est à l’évidence une notion que la multinationale n’entend qu’à sens unique. Quant au reproche fait aux syndicats CGT, CFTC et CFDT de
FAI, organisateurs de la manifestation du Mondial de l’Automobile, de nuire à « l’image de marque Ford », on ne peut que le mettre en regard avec la tempête que provoque cette annonce en Europe.

Du côté des salariés de FAI (hormis les syndicats CFE/CGC, FO et UNSA qui l’ont affiché), qui pensent que « les délais et les promesses sont pour le moment tenus » ? Ford a pris des engagements que nous connaissons tous et que les collectivités locales ont rappelées dans un courrier adressé lundi 22 octobre à Jeff Wood. Ces engagements, c’est à nous tous de les faire respecter et par tous les moyens que nous aurons à notre disposition.

Les belles déclarations de confiance ne nous apporterons que des désillusions. Continuons à défendre les emplois tous ensemble !

Pour les patrons, la solution à la crise c’est de bosser gratis

Pour le patronat flamand (le Voka) la réaction à cette nouvelle annonce de fermeture aurait pu être émouvante si elle avait été crédible et s’il ne l’avait pas exploité aussitôt pour sa propagande.

En effet, après avoir déclaré hypocritement sa solidarité : « en premier lieu, nous sommes aujourd’hui avec les employés touchés, leurs familles, et aussi avec leurs nombreux fournisseurs. Pour tous s’ouvre maintenant une période d’incertitude», le naturel est vite revenu au galop puisque dans la même déclaration réapparait les sempiternelles complaintes : « les coûts salariaux pour les entreprises doivent être drastiquement réduits ». Indécent quand on sait les sacrifices qu’on dû accepter sous la contrainte les salariés de l’usine concernée
en perdant 12% de leurs revenus.

Encore une fois, le patronat, qu’il soit de Belgique, de France, ou de n’importe où, n’en aura jamais assez et le fera savoir à toutes occasions. Consternant !

Télécharger le bulletin en PDF : Bonnes Nouvelles 197

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