Levallois-Perret : Manifestation des salariés de Stracel

L’Alsace, 26 octobre 2012 :

Plus de 80 salariés de la papeterie strasbourgeoise Stracel ont manifesté hier toute la journée, à Levallois-Perret, devant le siège français de leur propriétaire, le groupe finlandais UPM. Leur plan social a été légèrement amélioré.

Quel raffut ! Tambours, cornes de brume, sifflets… La musique n’était pas harmonieuse. Mais ce n’était pas le but : « On veut leur en mettre plein les oreilles. Pour se faire entendre ! », expliquait Alain Bartzen. Le délégué syndical FO a manifesté hier toute la journée avec plus de 80 salariés de l’entreprise de papier strasbourgeoise UPM-Stracel à Levallois-Perret, en proche banlieue parisienne, sous les fenêtres du siège français de la société finlandaise UPM. Deux cars sont ainsi partis de Strasbourg hier à 1 h du matin pour être au rendez-vous du comité central d’entreprise (CCE). Ils entendaient soutenir leurs collègues délégués syndicaux en train de négocier le plan social du site alsacien.

« En terme de décoration, ici, ils n’ont pas dû voir cela souvent », rigolait un des manifestants, Thomas Schultz. En effet, la rue Danton et le petit jardin devant le siège d’UPM ont été recouverts d’une surprenante pellicule blanche… comme s’il avait neigé à Paris, un 25 octobre. « Il s’agit de papier. De notre papier. Nous nous sommes amusés ces derniers jours à en couper des milliers de morceaux », expliquait Alain Bartzen.

Les quelques salariés du siège d’UPM qui se sont risqués à sortir de leurs bureaux pendant la manifestation étaient perplexes. Surtout quand ils devaient longer un énorme cercueil planté devant la porte d’entrée de l’immeuble. Un cercueil annonçant la disparition du site strasbourgeois pour la fin de l’année et la suppression de « 250 emplois made in France ». « Les salariés parisiens du groupe qui fument leurs cigarettes ont aujourd’hui de la compagnie ! », blaguait un autre manifestant.

Reste que l’ambiance ne pouvait être à la fête. Dans les étages du siège d’UPM se jouait l’avenir de nombreux salariés. Fernand Tormos, 58 ans dont 28 chez Stracel, n’oubliait pas ses cinq trimestres manquants pour partir à la retraite à 60 ans. « Si le plan social n’est pas généreux avec moi, je devrais trouver un nouvel emploi et travailler jusqu’à 62 ans », expliquait-il. Thomas Schultz, lui, misait sur le projet d’unité de fabrication d’emballage de la joint-venture de l’Allemand Kingele et du Belge VPK, qui s’installera l’année prochaine sur le site de Stracel. « Mais les salaires devraient être plus bas. Cela ne suffira pas pour les crédits de ma maison », soulignait le jeune homme de 29 ans.

En fin de journée, les manifestants ont repris la route, direction Strasbourg. Des avancées ont été obtenues. La prime supra-conventionnelle a notamment été majorée. « Une nouvelle prime a été proposée par la direction d’UPM. Celle-ci sera plus importante pour ceux qui n’intégreront pas le projet Kingele-VPK », annonçait Alain Bartzen.

Une assemblée générale aura lieu ce matin à 10 h, sur le site de la papeterie. Les salariés devront se prononcer avant le prochain CCE, mardi prochain.

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