Accords de “compétitivité” c’est NON !

Tract de la CGT Renault Cléon, 25 octobre 2012 :

“Accord de compétitivité”
DÈS LE 9 NOVEMBRE, EN ESPAGNE, RENAULT ANNONCERA LA COULEUR

Pour bien faire comprendre aux salariés des usines françaises que ce qui va se décider en Espagne, dans moins de 3 semaines, les concerne directement, Carlos Tavares, directeur général de Renault, a tenu à bien mettre les points sur les “ i ”. “ Il faut amener l’appareil industriel au niveau de compétitivité de l’Espagne et de l’Angleterre en qualité, coût, délais et imaginer le plan d’action ”.

S’agissant de la “compétitivité ” dans les usines espagnoles – qui va devenir une “référence” pour les usines françaises – la date de signature de l’accord a été fixée au 9 novembre.

– Si l’accord est signé, la direction promet la possibilité de créer 1.300 emplois au rabais.

– Si l’accord est refusé, la direction menace en déclarant que “ faute d’accord sur un allègement des salaires et sur plus de flexibilité, il n’y aura pas d’autres véhicules pour les chaînes de montage en Espagne ”.

En clair, un odieux chantage à la fermeture d’usines pour imposer des reculs très lourds aux travailleurs espagnols.

Sous prétexte d’économiser 400 € sur le prix de fabrication d’un véhicule, Renault veut imposer aux 3 usines espagnoles (Valladolid, Palencia, Séville) :

– le gel des salaires pour les années 2014, 2015 et 2016, et ça quel que soit le niveau de l’inflation. Appliqué à la France avec notre taux d’inflation à 2% comme en 2011, cela aurait pour première conséquence une baisse de 6 % du pouvoir d’achat.
– l’augmentation de la durée annuelle du travail, avec 5 jours de travail
supplémentaire gratuit, d’ici à 2016 ( 3 en 2014, plus 1 en 2015 et encore 1 en 2016).
– la création d’une nouvelle catégorie d’embauchés, avec un salaire d’embauche à 65% du salaire (10 ans pour atteindre les 100%).
– la réduction de 50% des primes pour le travail de nuit, le samedi et les jours fériés.
– la diminution ou l’augmentation de la journée de travail d’une heure, en
fonction de la banque d’heures.
– l’utilisation des travailleurs intérimaires dans des conditions encore plus précaires.
– la suppression des primes de mobilité entre les usines de Palencia et de Valladolid, en considérant qu’il ne s’agit plus que d’une seule et même usine (alors qu’elle sont aussi éloignées l’une de l’autre que les usines de Sandouville et de Cléon !).

UN ACCORD EN ESPAGNE COMME MOYEN DE CHANTAGE POUR LA NÉGOCIATION EN FRANCE

Pour Mrs Ghosn et Tavares, le “ top ” de la productivité se trouverait dans l’usine Nissan de Sunderland, en Angleterre. Une seule usine qui fabriquerait jusqu’à 480.000 véhicules par an avec 5.000 salariés alors qu’en France, Renault en fabriquerait 650.000 salariés avec 14.500 salariés répartis dans 6 usines.

Ce qui devait conduire Gérard Leclercq, Directeur des opérations France, à affirmer, en avril dernier, “ qu’une seule usine de montage et une seule usine de mécanique pourraient être suffisantes en France ”.

Ce qui se met donc en place pour la très prochaine négociation de “ l’ accord de
compétitivité” concernant la France, c’est exactement le même type de chantage à l’emploi qu’en Espagne, pour imposer plus de flexibilité, une augmentation de la durée annuelle du travail et la baisse des salaires contre une pseudo promesse de ne pas fermer d’usines en France.

Une promesse qui ne vaut pas un kopek puisque lorsqu’on interroge Carlos Ghosn sur d’éventuelles fermetures d’usines en France, il répond au micro d’Europe 1: “ Si nous avons une année 2013 du même acabit que 2012 et que les perspectives 2014 ne sont pas meilleures (…) nous devrons adapter la production à la demande ”.

Une menace que précise Carlos Tavares, dans une interview au journal allemand
“Automobilwoche” : “ Renault n’exclut pas la fermeture d’usines en raison de la morosité du marché automobile en Europe ”.

Dès le 21 juin, Renault a mis en place un “Groupe de réflexion paritaire sur la compétitivité”, intégrant tous les syndicats dits “représentatifs”. D’autres réunions ont eu lieu les 19 juillet, 13 septembre, 8 octobre et 23 octobre. Une dernière réunion devrait se tenir le mardi 6 novembre.

L’objectif de la direction: négocier, après le 6 novembre, un accord de compétitivité ( soit disant “gagnant-gagnant”) pour les usines françaises, en essayant de s’assurer de la complicité bienveillante des syndicats habitués à signer les pires accords.

Parce que nous ne voulons pas être condamnés, dans quelques semaines, à perdre notre vie pour la gagner encore plus difficilement, préparons nous à réagir très RAPIDEMENT et TRÈS FORT aux annonces de la Direction.

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