Afrique du Sud : blocage des négociations dans les mines d’or en grève

Aujourd’hui le Maroc,15 octobre 2012 :

Patronat et syndicats étaient dans l’impasse lundi en Afrique du Sud, incapables de mettre fin à la grève sauvage dans les mines d’or, alors que les grévistes s’exposent désormais à des licenciements tandis que le mouvement s’est étendu chez Gold Fields.

Dans un effort pour obtenir la reprise du travail, le patronat des mines avait proposé la semaine passée des augmentations de salaires que le Syndicat national des mineurs (NUM) avait accepté de soumettre à la base, avant d’essuyer un refus.

Lundi, après avoir laissé quelques jours de plus aux grévistes pour réfléchir, la Chambre des mines, maîtresse de la grille des salaires pour les mines d’or, a refusé de marchander davantage.

Elle a annoncé qu’elle « n’était pas en mesure de faire de nouvelles propositions » et que « d’autres voies seraient explorées pour tenter d’obtenir un retour à la normale dans les mines d’or », selon un communiqué.

« Ce sera à chaque entreprise de décider selon sa situation. L’une des voies pourrait être le licenciement individuel car les grèves sont illégales. Cela pourrait aussi passer par des plans sociaux », a expliqué à l’AFP Elize Strydom, négociatrice de la Chambre des mines.

« Certaines compagnies, en particulier les plus petites, sont dans une situation telle qu’il n’y a aucun intérêt à continuer l’exploitation », a-t-elle ajouté.

« Impasse fâcheuse »

Dans son communiqué, la Chambre des mines a regretté « cette impasse extrêmement fâcheuse ». L’absence d’un accord pénalise « non seulement le secteur et ses salariés, mais aussi la croissance et le développement futur de l’Afrique du Sud compte tenu du rôle crucial des mines d’or dans le développement économique du pays », selon le patronat.

Le NUM, de son côté, a rejeté la faute sur le patronat, se disant « déçu que la Chambre des mines ne rehausse pas son offre » et exhortant les entreprises à revenir à la table des négociations.

« Des licenciements ne sont pas la solution (…) et ne peuvent qu’enflammer davantage la situation », a critiqué le NUM, dont la légitimité est de plus en plus contestée parmi les mineurs. Quand bien même les grèves sont illégales, « une approche légaliste pourrait avoir des conséquences désastreuses ».

Plusieurs compagnies minières, dont Gold Fields, AngloGold Ashanti, Harmony ou encore Village Main Reef, sont affectées par des arrêts de travail sauvages, déclenchés par des mineurs en conflit avec le NUM, dans le sillage du violent conflit social de la mine de platine de Marikana (nord).

Depuis septembre, plusieurs dizaines de milliers d’entre eux paralysent la production de ce métal précieux dont l’Afrique du Sud extrait 7% de la production mondiale, les grévistes des mines d’or campant sur leur revendication: 12.500 rands (1.100 euros) par mois, comme le voulaient les grévistes de Marikana.

La proposition patronale revient à faire passer les salaires de 7.000 à 10.000 rands (620 à 890 euros environ), selon le NUM.

Les espoirs d’une reprise rapide du travail ont été douchés, d’autant plus que le mouvement s’est étendu dimanche soir.

Gold Fields, le quatrième producteur d’or sud-africain, a annoncé lundi que la grève sauvage qui frappe depuis le 9 septembre son site de KDC West, près de Carletonville (au sud-ouest de Johannesburg), s’était étendue aux opérations voisines de KDC East.

Quelque 8.500 employés, sur les 12.400 de KDC East, ont cessé le travail, a précisé le groupe, ajoutant que la production avait été suspendue. Ils s’ajoutent désormais aux 11.000 grévistes de KDC West (sur 15.000 employés), selon Gold Fields, dont la mine de Beatrix (centre), qui emploie 9.000 personnes, est également paralysée.

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