Pôle-Emploi condamné pour le « non-suivi » d’un chômeur

Article publié dans « Communisme-Ouvrier n°25« , bulletin de l‘Initiative Communiste-Ouvrière :

Inscrit à Pôle emploi depuis février 2009, ce demandeur d’emploi n’aurait « bénéficié que de trois rendez-vous en agence, en dépit de ses demandes réitérées », et reçu aucune offre d’emploi, selon son avocat. C’est la première fois que Pôle emploi est visé par une telle action, engagée dans le cadre d’un référé liberté, une procédure d’urgence réservée aux violations des libertés fondamentales, qui s’est soldée par une condamnation du PoleEmploi.

« C’est un cas important, une forme de jurisprudence, de précédent, qui permettra à tous les chômeurs que soit mis fin à cette violation d’une liberté fondamentale », a estimé l’avocat du plaignant. Néanmoins, sans mettre en cause l’importance d’une telle décision, il est utile de rappeler que les employé(e)s de Pôle-Emploi ont eu une aide plus que minime (1000 nouveaux agents au niveau national en contrats précaires) dans une période durant laquelle le chômage explose (plus de 3.011.000 de demandeurs d’emploi en août 2012). Sans oublier leurs conditions de travail largement dégradées depuis la fusion ASSEDIC, et des entreprises qui au lieu d’embaucher, licencient à tour de bras. Dans cette période difficile persistante, même celles et ceux qui ont encore cette chance d’avoir un emploi sont sous menace permanente d’un éventuel licenciement, touchent des salaires qui ne leur permettent pas d’avoir une vie décente, n’arrivent plus à joindre les deux bouts et se trouvent dans une situation personnelle et financière de plus en plus difficile.

Avoir un emploi et un salaire permettant une vie décente est, en effet, l’un des droits le plus fondamental de toute travailleuse et de tout travailleur. Un service isolé, des travailleuses et travailleurs qui le consistent, ne peuvent être tenu comme seuls responsables d’un système qui marche sur sa tête, de la destruction des emplois et de l’impossibilité pour celles et ceux qui sont au chômage d’en retrouver un.

Cette liberté élémentaire est bafouée avant tout, non par un quelconque service public qui manquerait à son devoir, mais par un système socio- économique qui puise sa force dans le chômage, la violation et la limitation des libertés, la peur, la division, l’oppression et la discrimination.

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