Pogrom anti-roms à Marseille

France Inter, 28 septembre 2012 :

Hier, jeudi soir, quartier Sud de Marseille, des riverains ont mené une opération commando contre un campement de Roms. Une exaction préméditée, sans violence physique certes, mais d’une violence sociale sans précédent.

Révélée par le quotidien La Provence, cette action été préméditée. Les riverains avaient averti les autorités, « si rien n’était fait, ils le feraient eux mêmes »… Les policiers sont arrivés sur place sur les coups de 19h afin de séparer la trentaine de riverains et les familles roms, qui ont reflué avec caravanes et véhicules, laissant derrière elles quelques affaires qui ont été incendiées dans la soirée. Aucune interpellation n’a eu lieu en l’absence d’agression physique…

Article publié par ZEC plus ultra, 28 septembre :

Pogrom au programme : vers de nouvelles ratonnades

Au printemps, François Hollande déclarait dans une lettre aux associations :  » Je souhaite que lorsque un campement est démantelé, une solution alternative soit proposée.  » Depuis son arrivée au pouvoir il est secondé par Vals pour les travaux d’ Intérieur dans une logique socialiste d’expulsion des Roumains et des Bulgares ( sans parler des autres).

 » Ce sont des citoyens européens, c’est important de le rappeler. Ils ont quitté leur pays pour des raisons économiques mais aussi parce qu’ils victimes de discriminations. Depuis plusieurs années, ils font l’objet d’expulsion à répétition, un phénomène qui s’est accéléré ces deux dernières années. Ils sont expulsés des bidonvilles dans lesquels ils tentent de survivre. Je suis effaré que l’Etat français réponde en miroir à ces difficultés là par la même violence institutionnelle et aujourd’hui, je suis également effaré par cette violence populaire. » (Bernard Eynaud LDH)

Une attaque préméditée

Jeudi 27 septembre, une cinquantaine d’habitants des quartiers Nord de Marseille a attaqué un campement de Roms – installés sur un terrain vague quatre jours plus tôt – les a fait fuir puis mis courageusement le feu à ce qui restait de vêtements et d’électroménagers laissés sur place.

La quasi totalité de la presse utilisent des termes qui édulcorent la réalité infecte d’un pogrom à la française :  » Camp délogé par les habitants » ou  » Roms expulsés par des riverains excédés » ou  » Des habitants de Marseille ont fait fuir des Roms installés dans leur quartier… » ou mieux  » Expulsions de Roms par des riverains à Marseille :  » cri de désespoir  » – le cri de désespoir étant poussé par les riverains organisés en milice hors-la-loi !?

Et à propos des forces de l’ordre, selon l’AFP, la police a assisté à la scène sans que sa présence n’entrave en rien le nettoyage en cours qui aura été mené à son terme : personne n’a été verbalisé puisqu’aucune infraction n’a été relevée et qu’il n’y a pas eu de violence physique…

Finalement, selon Samia Ghali  » c’est la police qui a fait partir les Roms car ils étaient en situation dangereuse » « Quand j’ai appelé la police du quartier, elle m’a répondu que désormais, elle ne pouvait pas intervenir sans autorisation du préfet. Du coup, c’est quand la situation menaçait de dégénérer […] que la police est venue. »

Daniel Schneidermann pose quelques questions simples et de bon sens :

 » …La police avait-elle des consignes ? En a-t-elle demandé à la préfecture pendant que se déroulaient les faits ? Ladite préfecture en a-t-elle à son tour demandé au ministère de l’Intérieur ? Questions d’autant plus pressantes que les habitants, dans l’après-midi, avaient prévenu la maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de Marseille, Samia Ghali, celle qui avait, voici quelques semaines, demandé au gouvernement l’intervention de l’Armée pour régler les problèmes de sécurité, de leur intention de passer à l’action, si les Roms n’étaient pas délogés par la police.

On peut imaginer que l’élue a elle-même averti la préfecture, laquelle a donc disposé de quelques heures pour arrêter sa ligne de conduite.

On serait dans un Etat de droit, et plus encore dans un Etat de droit sous un gouvernement de gauche, ces questions seraient posées, et le gouvernement (de gauche) aurait à coeur de ne pas laisser accréditer le soupçon qu’il laisse se constituer des milices spontanées d’évacuation des Roms. Mais patience. Elles le seront peut-être.  » Daniel Schneidermann

La haine dans l’air

 » Le jeudi 24 mai 2012, accompagnée d’une quarantaine d’énergumènes, Nora Remadnia Preziosi, candidate UMP dans la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône, a fait irruption dans un campement rom installé depuis janvier sur un terrain vague de Château-Gombert.  » Pour que Marseille incarne le bien vivre ensemble « , promet-elle dans un clip électoral…  » Cassez-vous ou on vous met le feu !  » hurle la petite foule surexcitée. « 

Une réponse à “Pogrom anti-roms à Marseille

  1. Je suis choqué d’une telle chose, en France, en 2012. Dans les années 1930 et 1940, ce furent les juifs. Puis, ensuite, plus tard, les maghrébins, les noirs, etc,…En qualité de Français bien gaulois, catho et humaniste, il me semble utile de répondre es qualité de citoyen français, que la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE a des valeurs humanistes. Que si ceci devait être remis en question, alors je m’affirme comme « ROM de COEUR ». Denys RAFFARIN

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