Dès aujourd’hui, au Portugal comme ailleurs, changer le rapport de force est possible !

Samedi 22 septembre, les manifestants portugais sont parvenus à faire reculer le gouvernement de Passos Coelho qui imposait de nouvelles mesures d’austérités. Après la victoire des étudiants canadiens jeudi, qui ont vu leurs frais de scolarité annulés après des mois d’intenses mobilisations, d’occupations, d’affrontements avec la police et des milliers d’arrestations, ce sont les prolétaires portugais qui ont obtenu gain de cause, ouvrant la voie vers un changement de rapport de force bien réel, dans l’Europe libérale. Le 7 Septembre, le gouvernement portugais adoptait un plan d’attaques sociales des plus brutales parmi celles que subissent les pays actuellement en crise et que l’Europe s’évertue à vouloir « secourir ».

Il s’agissait d’augmenter de 7% l’ensemble des cotisations sociales salariales et de réduire de 5,75% celles des entreprises. Cette mesure équivalait ni plus ni moins qu’à un transfert direct de 2.000 millions d’euros nets au profit du patronat, ce qui laisse envisager à un véritable « hold-up de classe ».

Vendredi 21 septembre, d’importantes mobilisations se sont déroulées dans tout le pays, au cri de « ils sont une demi-douzaine, nous sommes des millions ! » :

A Porto, une assemblée populaire a été organisée. Des rassemblements ce sont également déroulés à Faro, Viseu, Pombal, Leiria, Braga, Funchal, Aveiro, Bragança, Évora et Coimbra. A Lisbonne, les manifestants ont crié : « La voix appartient au peuple. Nous sommes le Conseil (…) Troïka et gouvernement, dégagez ! » Le mot d’ordre le plus couramment entendu dans tout le pays, simple, clair et précis, fut sans doute « Voleurs ! » Les manifestants se sont également retrouvés autour de Accordai, l’une des chansons préférées de prisonniers politiques d’avant la révolution du 25 Avril (révolution des Œillets). Ces rassemblements de masse ne se sont pas épuisés le soir et ont duré toute la nuit.

Le samedi 22 à midi, une foule de manifestants en colère est repartie de plus belle, entourant le lieu où se tenait en non stop, la réunion du Conseil d’Etat présidée par le Président Cavaco Silva . Sous cette pression des masses, le Premier ministre Passos Coelho a été forcé de battre en retraite, de retirer son plan de mesures d’austérités, annonçant qu’il chercherait des « alternatives ».

C’est la première fois que sous la pression politique de manifestants, un gouvernement européen ravale un plan de rigueur exigé par la Troïka, résultat direct d’un grand mouvement social. La première fois qu’il est enfin démontré par un rapport de force et contrairement à toutes les stratégies institutionnelles (faire un référendum, convaincre de la révolution par les urnes…), que la mobilisation des masses est la seule voie sérieuse qui conduise à faire plier les gouvernements.

Que c’est d’abord et avant tout sur elle qu’il faut miser, sur elle qu’il faut s’appuyer, sur elle qu’il faut construire plutôt que de mettre l’essentiel de son énergie dans des stratégies d’alliances électorales, qui ne feront que servir la bourgeoisie et poursuivre les politiques de profits pour les uns et d’austérités pour les autres.

Cette voie est ouverte aujourd’hui grâce aux manifestants portugais dont on a peu parlé, mais qui subissent depuis quatre ans une incessante rigueur dictée par les politiques de l’Europe libérale.

Ce n’est sans doute qu’un début. Il reste à espérer et à faire en sorte que les prolétaires d’autres pays d’Europe et du monde entier, s’inspirent de cette victoire et se disent, que faire reculer un gouvernement qui nous impose toujours plus de nous serrer la ceinture, que nous soyons portugais, grecque ou français, nous ne laisserons rien passer et nous imposerons nous même ce changement dont on nous parle tant à longueur de journée.

http://www.communisme-ouvrier.info/?Des-aujourd-hui-au-Portugal-comme

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s